La grève observée mardi 7 avril 2026 dans les collèges et les lycées a été « largement suivie » sur l’ensemble du territoire, selon Montassar Ben Romdhane, membre de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, qui évoque une mobilisation quasi totale des enseignants face à ce qu’il qualifie de blocage persistant avec le ministère de l’Éducation.
Intervenant sur Express FM, il affirme que ce mouvement s’inscrit dans un contexte de tensions accumulées, marqué par le non-respect des engagements et l’absence de dialogue.
Un accord ancien au cœur de la crise
Au centre du différend figure un accord conclu auparavant, que le responsable syndical situe depuis 2023, et qui prévoit notamment une augmentation de la prime des charges pédagogiques à partir de 2026.
Selon Montassar Ben Romdhane, les enseignants ont respecté cet accord pendant trois années, dans un souci de stabilité et pour préserver le bon déroulement des cours. Mais en 2026, ils constatent que cet engagement n’est pas appliqué.
« Nous avons attendu, nous avons fait preuve de responsabilité, mais aujourd’hui nous avons le sentiment que cet accord est ignoré », a-t-il indiqué, dénonçant également l’absence d’explication officielle de la part du ministère.
« La grève est devenue une nécessité »
Le syndicaliste insiste : le recours à la grève n’est pas un choix, mais une contrainte imposée par la situation.
Il affirme que les canaux de dialogue sont fermés depuis des mois, évoquant une seule réunion en 2025, suivie d’un silence total malgré les multiples tentatives de contact initiées par la Fédération.
« Nous ne cherchons pas l’escalade, mais lorsque le dialogue est bloqué, il ne reste que les moyens de pression pour défendre nos droits », a-t-il déclaré.
Les élèves au cœur d’un débat sensible
Face aux critiques portant sur l’impact des grèves sur les élèves, Montassar Ben Romdhane a tenu à nuancer.
Il affirme que le mouvement est « présentiel », les enseignants étant présents dans les établissements, et que les difficultés rencontrées par les élèves relèvent davantage de problèmes structurels.
Selon lui, le manque d’espaces, d’encadrement et d’activités au sein des établissements empêche de maintenir les élèves dans de bonnes conditions lorsque les cours sont suspendus.
« Le problème n’est pas la grève en elle-même, mais les insuffisances du système éducatif », a-t-il estimé.
Au-delà des revendications salariales
Le responsable syndical rejette l’idée d’un mouvement purement corporatiste. Il affirme que les enseignants portent également des revendications liées à la réforme de l’école publique.
Il cite notamment les conditions d’enseignement, les programmes, le rattrapage des heures de cours, les ressources humaines et l’état des infrastructures, estimant que ces questions concernent directement les élèves et la qualité du système éducatif.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Sur la suite du mouvement, Montassar Ben Romdhane indique que la Fédération procédera à une évaluation de la grève et pourrait décider de nouvelles actions. Il rappelle que les enseignants réclament notamment l’application des accords 2019-2023 et se disent toujours ouverts au dialogue, à condition que celui-ci soit réel.
« L’éducation est une question nationale »
En conclusion, il a adressé un message aux parents, affirmant que les enseignants partagent leurs préoccupations pour l’avenir des élèves. Il a également appelé le ministère de l’Éducation à « assumer ses responsabilités », à rouvrir le dialogue et à privilégier l’intérêt général.
« L’éducation est une question nationale, elle concerne toutes les familles tunisiennes », a-t-il insisté, plaidant pour une sortie de crise par la concertation.
M.B.Z











