L’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek a vivement réagi, mardi 7 avril 2026, à l’annonce du transfert de son frère, Jaouhar Ben Mbarek, depuis sa cellule à Belli à Nabeul, exprimant à la fois son indignation et sa profonde inquiétude quant à ses conditions de détention.
Dans une vidéo diffusée sur Facebook, elle a affirmé avoir appris la nouvelle de manière soudaine : « Nous venons d’entendre des informations choquantes… mon père m’a appelée pour me dire que Jaouhar a été transféré à la prison de Sers, entre Le Kef et Siliana. »
Rappelant que ce transfert représente une distance d’environ 150 kilomètres de Tunis — ce qui complique considérablement les visites familiales — l’avocate a insisté sur la situation de leur père, âgé de 82 ans, contraint de parcourir cette longue distance dans des conditions difficiles : « Mon père conduit à peine, il ne voit plus très bien… et on lui impose désormais de faire tout ce trajet pour voir son fils. Pourquoi ce transfert ? »
Dalila Msaddek a aussi exprimé sa crainte face aux conséquences de ce transfert sur la santé et la sécurité de ses proches, allant jusqu’à avertir : « S’il arrive quelque chose à mon père sur la route, vous en serez responsables. »
Selon elle, cette décision s’apparente à une mesure punitive. Elle a avancé que son frère avait été sanctionné après avoir entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et réclamer des soins médicaux : « C’est une punition… Jaouhar est malade, il souffre d’une hernie, il attend des examens, et on refuse même un simple siège en plastique pour soulager ses douleurs. »
Dans ce contexte, Dalila Msaddek a vivement critiqué le pouvoir en place, visant directement le président de la République, Kaïs Saïed. Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une politique répressive : « Il s’inquiète pour un chien confisqué, mais il ne parle pas des centaines de Tunisiens emprisonnés pour des dossiers fabriqués, dans des prisons de l’injustice et du mensonge. »
Dans un ton particulièrement virulent, elle l’a également accusé d’acharnement envers les détenus et leurs familles. « Vous ne vous contentez pas d’emprisonner les gens, vous détruisez leurs familles… vous les éloignez, vous les punissez encore davantage », a-t-elle martelé notant également les conséquences psychologiques et sociales de ces décisions. « Qu’ont fait les familles pour mériter cela ? Pourquoi doivent-elles souffrir ainsi ? »
Elle a fustigé par ailleurs ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la détention. « Le seul domaine dans lequel vous avez réussi, c’est celui des prisons… vous avez ouvert toutes les portes de l’incarcération, mais vous n’avez rien fait pour l’économie, ni pour le développement, ni pour l’emploi », a-t-elle souligné avant d’ajouter : « Vous avez perdu toute humanité… vous n’avez ni conscience ni morale. Tout ce que vous avez réussi à faire, c’est semer la peur, la haine et l’injustice. »
Selon l’avocate, son frère n’a pas été le seul détenu visé par un transfert. L’avocat et ancien député, Seif Eddine Makhlouf, a lui aussi été transféré à un autre lieu de détention à Sfax. Ce dernier a été placé en détention le 18 janvier 2026, après son extradition depuis l’Algérie. Il a été interpellé en juin 2024 à l’aéroport d’Annaba alors qu’il tentait de se rendre à Istanbul puis à Doha. Il était alors poursuivi pour entrée illégale sur le territoire et détention de documents de voyage falsifiés. Outre cette affaire, l’ancien député a été condamné dans plusieurs autres dossiers. Il totalise plus de quatre ans de prison ferme, selon les décisions rendues à ce jour par différentes juridictions civiles et militaires.
N.J













Commentaire
jamel.tazarki
Chère Compatriote Madame Dalila Msaddek,
vous êtes une mère incroyablement forte. Votre fils est fier de vous. Je partage votre douleur et votre espoir de le revoir/le libérer. C’est une injustice révoltante. Je n’aurais jamais cru que Kais Saied irait si loin! Quelle déception!!! Je ne peux pas imaginer la douleur et l’angoisse que vous traversez.
Chère Compatriote Madame Dalila Msaddek, Je suis de tout cœur avec vous dans cette épreuve. Ça ira, il faut être forte.
Toutes mes pensées vous accompagnent et de tout cœur avec vous.
Avec mon soutien le plus sincère.
Jamel Tazarki