À quelques semaines de l’Aïd El Kebir, la question des prix des moutons de sacrifice revient au centre des préoccupations des Tunisiens, dans un marché marqué par une offre limitée, des prix en hausse et les difficultés persistantes du secteur de l’élevage, confronté à une baisse du cheptel et à des contraintes structurelles.
Le président du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (Synagri), Midani Dhaoui, est revenu, mardi 7 avril 2026, au micro de Nadia Fourti dans l’émission Ahla Sbeh, animée par Amine Gara sur Mosaïque FM, sur les prix des moutons de sacrifice et la situation du secteur.
Des prix en hausse modérée
Interrogé directement sur les tarifs pratiqués cette année, Midani Dhaoui a précisé que le prix du mouton dépend à la fois de son poids — calculé sur la base d’un kilogramme de viande ovine oscillant entre cinquante et soixante dinars — et de la disponibilité sur le marché, régie par la loi de l’offre et de la demande, actuellement marquée par une baisse du cheptel.
Pour illustrer cette tendance, il a donné un exemple concret : un mouton vendu autour de mille dinars l’année dernière pourrait atteindre environ 1100 dinars cette année, soit une augmentation d’une centaine de dinars.
Une hausse qu’il qualifie de relative, mais logique au regard de la situation du marché.
Un cheptel en recul et un marché déséquilibré
Selon le président du Synagri, cette évolution des prix s’explique principalement par un déséquilibre entre l’offre et la demande. La baisse du cheptel ovin disponible entraîne mécaniquement une pression à la hausse sur les prix.
M. Dhaoui a expliqué que la baisse du cheptel ovin résulte de plusieurs facteurs combinés, dont des conditions climatiques difficiles ayant affecté les pâturages, la réduction des surfaces de parcours naturels et la hausse des coûts des aliments pour bétail ces dernières années.
Contre les solutions ponctuelles et pour le renforcement du cheptel
Le responsable syndical a, par ailleurs, exprimé son opposition aux solutions ponctuelles, comme l’importation de viande pour couvrir les besoins de l’Aïd. Il estime que cette approche ne fait que reproduire les mêmes difficultés d’une année à l’autre.
À l’inverse, il a plaidé pour une stratégie durable basée sur l’importation de brebis reproductrices, afin de reconstituer le cheptel national. Il évoque la possibilité d’introduire jusqu’à un million de têtes, qui seraient ensuite réparties entre les petits éleveurs.
Le financement, levier central
Enfin, Midani Dhaoui a insisté sur la nécessité de renforcer le financement du secteur agricole, à travers des crédits à conditions avantageuses et un soutien accru aux petits éleveurs.
Selon lui, la relance passe par une augmentation de l’offre, seule capable, à terme, de stabiliser les prix sur le marché.
I.N.










