La dynamique est là, mais l’optimisme s’émousse. C’est ce qui ressort du dernier baromètre de la Chambre tuniso-française, présenté mercredi 8 avril 2026 par son son secrétaire général Mohamed Louzir dans l’émission Expresso sur Express FM. Réalisée entre le 15 décembre et le 5 mars, l’étude dresse un bilan globalement positif pour l’année 2025, tout en mettant en lumière des inquiétudes croissantes pour l’année en cours.
Selon les résultats du baromètre, basé sur un panel de 167 entreprises issues de différents secteurs, l’année 2025 a été marquée par une reprise tangible. Près de 47% des entreprises ont enregistré une amélioration de leur chiffre d’affaires, tandis que 80% évoquent une activité en progression ou stabilisée.
Le recul du chiffre d’affaires a, quant à lui, nettement diminué, passant de 15% en 2024 à seulement 8% en 2025. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte de croissance économique nationale estimée à 2,4%.
Une reprise confirmée en 2025, portée par l’activité et le chiffre d’affaires
Si les anticipations restent orientées vers la croissance, elles apparaissent moins enthousiastes que l’an dernier. Environ 58% des entreprises prévoient une amélioration de leur activité en 2026. Un chiffre en progression, mais qui traduit paradoxalement une prudence accrue.
En effet, les perspectives exprimées sont moins élevées que celles formulées pour 2025. Ce décalage laisse entrevoir un risque de stagnation pour une part non négligeable du tissu économique.
L’investissement, considéré comme le principal levier de croissance, affiche également des signaux contrastés. Si certaines entreprises disent avoir augmenté leurs investissement, une proportion importante reste dans une logique d’attentisme.
Des perspectives 2026 plus prudentes, entre attentisme et incertitudes
Environ 45% des entreprises déclarent avoir maintenu un niveau d’investissement stable en 2025. Toutefois, un élément positif se dégage : la part de celles ayant réduit leurs investissements a reculé, passant de 30% en 2024 à 22% en 2025.
Pour 2026, près de 85% des entreprises envisagent une stabilisation ou une hausse de leurs investissements. Mais là encore, la prudence domine, avec près de la moitié des répondants anticipant une stagnation.
Le baromètre met aussi en évidence une nette amélioration des perceptions en 2025. La situation économique est jugée favorable par 56% des répondants, contre seulement 4% auparavant. Les perceptions sociale et politique suivent la même tendance.
Cependant, ces indicateurs devraient légèrement reculer en 2026, traduisant une vigilance accrue des entreprises face aux incertitudes, notamment dans un contexte géopolitique tendu.
Mohamed Louzir a rappelé par ailleurs le poids structurant des relations économiques avec la France. Plus de 1 600 entreprises françaises sont implantées en Tunisie, employant environ 170 000 personnes.
Les échanges commerciaux restent soutenus, avec près de 15 milliards de dinars d’exportations tunisiennes vers la France contre 9 milliards d’importations, ce qui maintient un solde favorable à la Tunisie.
Dans ce contexte, 79% des entreprises interrogées jugent leurs relations avec la France stables ou en amélioration, malgré un environnement européen marqué par un ralentissement économique.
Le baromètre confirme ainsi une reprise réelle de l’activité en 2025, portée par une amélioration du chiffre d’affaires et une reprise progressive de l’investissement. Mais les perspectives pour 2026 restent marquées par la prudence, voire un certain attentisme. Un signal clair pour les décideurs : sans mesures de soutien et sans amélioration durable du climat des affaires, la dynamique engagée pourrait rapidement s’essouffler.
N.J










