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Condamnation d’Anas Hmaidi : la LTDH dénonce un « effondrement de la justice »

Par Sarra Hlaoui

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a vivement réagi à la condamnation du président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hmaidi, dénonçant une décision « politique » et un tournant dangereux pour l’indépendance de la justice en Tunisie.

Dans un communiqué publié mardi 8 avril 2026, l’organisation a qualifié l’emprisonnement du magistrat d’« annonce explicite de la chute de la justice », après le verdict rendu le 6 avril par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis, qui a condamné Anas Hmaidi à un an de prison ferme pour « entrave à la liberté de travail ».

Une « instrumentalisation de la justice »

La LTDH considère que ce jugement s’inscrit dans « une politique systématique visant à soumettre le pouvoir judiciaire et à intimider les magistrats indépendants ». Elle y voit une « dérive grave » susceptible de transformer la justice en « instrument de répression ».

L’organisation estime également que le recours à des accusations jugées « vagues », telles que l’entrave à la liberté de travail, traduit une volonté d’élargir le champ de la criminalisation pour inclure toute forme de contestation ou d’expression critique.

Atteinte aux libertés et climat de pression

Pour la LTDH, l’incarcération du président de l’Association des magistrats constitue une atteinte directe à la liberté syndicale et à la liberté d’expression. Elle dénonce une stratégie visant à « harceler et intimider » les juges, tout en criminalisant les formes d’organisation indépendante au sein des institutions.

Le communiqué replace cette affaire dans un contexte plus large marqué, selon l’organisation, par une multiplication des poursuites visant des responsables politiques, des journalistes, ainsi que des militants de la société civile et des droits humains.

Appels à l’annulation du jugement

La LTDH appelle à l’annulation immédiate du verdict, qu’elle considère comme une violation flagrante des garanties d’un procès équitable et du principe d’indépendance de la justice.

Elle met également en garde contre les conséquences d’une telle décision, estimant qu’elle pourrait accentuer la crise de confiance dans l’institution judiciaire et aggraver les tensions politiques et sociales dans le pays.

Mise en cause des autorités

L’organisation tient les autorités pour responsables de ce qu’elle qualifie de « glissement dangereux », appelant à la cessation des poursuites à caractère politique visant les magistrats, mais aussi les acteurs politiques, les journalistes et les militants.

Elle a par ailleurs exhorté le ministère de la Justice à respecter ses engagements, notamment en autorisant à nouveau les visites des prisons par ses délégations.

En conclusion, la LTDH appelle les forces démocratiques et les organisations professionnelles à se mobiliser pour défendre l’indépendance de la justice et préserver les droits et libertés en Tunisie.

S.H

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