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Interdiction d’acheter le mouton pour l’Aïd : une rumeur qui refait surface chaque année

Sur Facebook, une publication a récemment fait le tour des réseaux sociaux en Tunisie, affirmant que le mufti de la République aurait annoncé une décision d’annuler l’achat du mouton à l’occasion de l’Aïd El Kebir, en raison de la flambée des prix. Formulée sous la forme d’une prétendue « décision » officielle, cette information a été massivement partagée, suscitant une onde de choc chez de nombreux internautes. Entre stupéfaction, incompréhension et colère, les réactions n’ont pas tardé à affluer. Certains y ont vu une mesure exceptionnelle dictée par la crise économique, tandis que d’autres ont dénoncé une atteinte à un rituel religieux profondément ancré dans la société tunisienne.

Dans les commentaires, les internautes se sont divisés. Une partie a exprimé son scepticisme, doutant de la véracité d’une telle annonce et appelant à vérifier la source. D’autres, en revanche, ont pris l’information pour acquise, alimentant ainsi la confusion.

Face à cette viralité, nous avons entrepris les vérifications nécessaires. Contacté, le ministère des Affaires religieuses a formellement démenti l’existence de toute décision ou déclaration officielle du mufti appelant à l’annulation de l’achat du mouton pour l’Aïd. Aucune communication en ce sens n’a été publiée ni sur les canaux officiels du ministère, ni dans les médias reconnus. En réalité, le rôle du mufti consiste à émettre des avis religieux (fatwas) et non à imposer des décisions contraignantes de cette nature.

Au-delà du démenti officiel, notre enquête montre que cette affirmation est loin d’être inédite. Après vérification, cette même rumeur circule depuis au moins 2021 et refait surface presque chaque année, quelques semaines avant l’Aïd El Kebir. Elle réapparaît généralement dans un contexte marqué par la hausse des prix du bétail et les inquiétudes croissantes des citoyens face au coût du sacrifice.

Il est important de rappeler que, dans la tradition islamique, le sacrifice de l’Aïd est une pratique fortement recommandée pour ceux qui en ont les moyens, mais qu’elle n’est pas imposée de manière absolue à tous. En cas de difficultés financières, les fidèles ne sont pas tenus de s’y conformer, sans qu’il soit nécessaire pour autant de recourir à une quelconque « décision » officielle.

R.A.

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