La chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu, vendredi 10 avril 2026, son verdict dans l’affaire visant Lotfi Mraïhi. Le secrétaire général de l’Union populaire républicaine (UPR) a été condamné à six ans de prison ferme pour des infractions à caractère financier.
Selon les éléments retenus par la justice, l’ancien candidat à la présidentielle a été reconnu coupable de faits liés notamment au blanchiment d’argent, à des infractions bancaires ainsi qu’à des opérations irrégulières entre résidents et non-résidents. Le dossier évoque également des transferts de fonds à l’étranger et des opérations en devises effectuées en dehors des circuits autorisés.
Une affaire financière aux contours contestés
L’affaire remonte à 2024, lorsqu’une information judiciaire avait été ouverte à l’encontre de Lotfi Mraïhi, sur fond de soupçons de constitution d’un réseau impliqué dans des opérations financières illégales. Un mandat de dépôt avait alors été émis.
L’accusation s’appuie sur des mouvements de capitaux jugés suspects, incluant des transferts vers l’étranger et des opérations en devises hors cadre réglementaire. Les investigations ont également porté sur l’origine des fonds et la nature des relations financières entretenues avec des partenaires à l’étranger.
Toutefois, comme dans plusieurs dossiers visant des figures de l’opposition ces dernières années, cette affaire s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Des observateurs et soutiens de l’intéressé dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, pointant notamment le timing des poursuites et leur concomitance avec ses ambitions politiques affichées.
Un opposant dans le viseur judiciaire
Figure politique connue, Lotfi Mraïhi s’était illustré lors de l’élection présidentielle de 2019 et avait laissé entendre son intention de se porter à nouveau candidat en 2024.
Son arrestation en juillet 2024, intervenue après l’émission d’un avis de recherche, avait déjà suscité des interrogations dans les milieux politiques et parmi certaines organisations de la société civile.
Par ailleurs, il a été condamné en novembre 2024 en appel à six mois de prison dans une affaire liée à la diffusion de fausses informations. Une autre condamnation, en lien avec l’élection présidentielle de 2019, avait été revue à la baisse en septembre 2024, avec une peine de six mois de prison assortie d’une interdiction à vie de se porter candidat à une élection.
Dans un climat marqué par la multiplication des poursuites visant des opposants, cette nouvelle condamnation ne manquera pas de relancer le débat sur la place de la justice et sur les conditions d’exercice de la vie politique en Tunisie.
S.H










