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Tunisie : objectif de 70% d’eaux traitées utilisées pour l’irrigation d’ici 2050

Par Myriam Ben Zineb


La Tunisie entend intensifier le recours aux ressources hydriques non conventionnelles, avec un objectif clair : utiliser 70% des eaux traitées pour l’irrigation à l’horizon 2050. C’est ce qu’a indiqué le secrétaire d’État chargé des ressources en eau, Hamadi Hbaieb.

S’exprimant vendredi 10 avril 2026 lors d’un conseil régional de l’eau tenu à Monastir, le responsable a insisté sur la nécessité de mieux gérer les ressources disponibles face à des conditions climatiques de plus en plus contraignantes. Il a rappelé que la Tunisie a connu neuf années de sécheresse au cours de la dernière décennie, dont six consécutives.

Un système sous pression, mais encore stable

Malgré cette situation, le système d’alimentation en eau potable a réussi à maintenir son équilibre. Durant l’été dernier, le recours au système de quotas a pu être évité. Les perturbations enregistrées sont restées limitées et principalement liées à des incidents techniques ou à des coupures d’électricité affectant les stations de pompage.

Dans le même temps, des disparités importantes subsistent entre les régions. Les barrages du nord et du Cap Bon affichent des niveaux de remplissage relativement confortables, contrairement à ceux du centre, où les réserves demeurent faibles. Les dernières pluies ont toutefois contribué à améliorer la recharge des nappes phréatiques dans plusieurs zones.

Nebhana sous tension, des solutions en cours

Les effets cumulés de la sécheresse continuent de peser sur les périmètres irrigués, notamment dans le système de Nebhana. Pour la campagne agricole 2024-2025, la région de Monastir n’a bénéficié que de 400 000 m³ d’eau afin de préserver les cultures précoces. Des apports exceptionnels en provenance du nord ont été mobilisés au cours de la saison actuelle, malgré une forte pression sur les ressources destinées à l’eau potable.

Afin d’assurer la pérennité de l’irrigation, plusieurs pistes sont engagées. Les autorités misent sur l’interconnexion des barrages du centre avec le système hydraulique du nord, l’exploitation des nappes profondes — à l’image d’un forage exploratoire prévu à Bekalta — ainsi que le développement du dessalement des eaux saumâtres.

Dans ce cadre, un projet de coopération tuniso-espagnole est à l’étude, en partenariat avec l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), en vue de renforcer les ressources en eau des périmètres publics irrigués à travers la mise en place d’une station de dessalement.

Des défis persistants pour la distribution

Par ailleurs, la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) fait face à des défis croissants. Une cellule de suivi opérationnelle a été mise en place pour assurer un monitoring continu de l’approvisionnement et traiter les réclamations en temps réel.

Des systèmes de suivi en temps réel des réseaux et des infrastructures de stockage sont également en cours de déploiement, avec pour objectif d’améliorer le rendement des systèmes hydrauliques et de réduire les pertes d’eau.

M.B.Z

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