À l’occasion de la réouverture du siège permanent du Secrétariat exécutif de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), le 11 avril 2026 à Tripoli, la Tunisie a défendu une vision axée sur la refondation du rôle de cette organisation régionale, dans un environnement marqué par des défis multidimensionnels.
Prenant part à la réunion ministérielle, le chef de la diplomatie tunisienne, Mohamed Ali Nafti, a insisté sur la nécessité de repositionner la CEN-SAD comme un cadre opérationnel capable de répondre aux mutations profondes que connaît l’espace sahélo-saharien.
Une réponse collective face aux menaces transnationales
Dans un contexte de persistance des crises sécuritaires, le ministre a appelé à une intensification de la coordination entre États membres, notamment pour faire face à la montée du terrorisme, à la criminalité organisée et aux trafics transfrontaliers.
Il a également mis en avant l’importance d’accompagner les processus politiques dans les pays en crise, en soutenant les dynamiques de dialogue et de réconciliation, en cohérence avec les cadres de l’Organisation des Nations unies et de l’Union africaine.
Le développement comme levier de stabilisation
Au-delà de la dimension sécuritaire, la Tunisie a plaidé pour une approche globale intégrant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. L’objectif est de renforcer la résilience des États membres à travers des programmes de développement mieux adaptés aux réalités locales.
Dans cette optique, l’intégration régionale apparaît comme un levier central. Mohamed Ali Nafti a ainsi souligné la nécessité de faciliter les échanges commerciaux, d’encourager les investissements et de fluidifier les flux de capitaux entre les pays de la région.
Il a, par ailleurs, appelé à une meilleure mobilisation des mécanismes continentaux existants, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine, afin de soutenir cette dynamique.
Multilatéralisme en recul, coopération régionale en première ligne
Évoquant un contexte international marqué par un affaiblissement du multilatéralisme et une baisse de l’aide internationale, le ministre tunisien a insisté sur l’importance de renforcer la solidarité entre les États membres de la CEN-SAD.
La Tunisie a réaffirmé, à cette occasion, son engagement à contribuer activement aux efforts de relance de l’organisation, en soutenant les initiatives visant à consolider la paix, la sécurité et le développement dans la région.
En marge de la réunion, des échanges bilatéraux ont également eu lieu avec plusieurs responsables africains, portant sur les perspectives de coopération et les moyens de concrétiser les orientations proposées.
S.H










