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Condamnation de Sonia Dahmani : le SNJT pointe un acharnement judiciaire

Par Nadya Jennene

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement réagi, lundi 13 avril 2026, à la nouvelle condamnation en appel de Sonia Dahmani, dénonçant un acharnement judiciaire et une utilisation jugée abusive du décret 54. L’organisation a appelé à la suspension de l’application de ce texte et a mis en garde contre les atteintes répétées à la liberté d’expression et au travail des journalistes.

Plus tôt dans la matinée de lundi, la chambre d’appel de Tunis a condamné l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani à 18 mois de prison, pour « usage des réseaux et systèmes d’information et de communication en vue de produire, diffuser et préparer de fausses informations », en vertu de l’article 24 du décret-loi n°54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication. En première instance, elle avait déjà écopé d’une peine de deux ans de prison dans le même dossier.

Rappelant que l’avocate a été condamnée, le 24 janvier 2025, à 18 mois de prison dans une affaire similaire avant d’être remise en liberté conditionnelle alors qu’elle avait purgé la moitié de cette peine, le SNJT a réitéré ses appels à la suspension de l’application du décret 54, dans l’attente de son éventuelle révision par la Commission de législation générale au Parlement.

Le Syndicat a dénoncé cette situation qui constitue, à son sens, une atteinte aux standards internationaux de la liberté d’expression, notant qu’avec cette nouvelle condamnation, Sonia Dahmani fait désormais face à une série de poursuites successives liées à des interventions médiatiques portant notamment sur les questions de migration irrégulière et de discours discriminatoires. 

Il a exprimé sa solidarité avec l’avocate rappelant qu’elle avait quitté la prison dans un état de santé physique et psychologique fragile. Estimant que cette nouvelle incarcération constitue une forme d’acharnement et une atteinte à ses droits fondamentaux, le SNJT a appelé à la suspension immédiate de l’exécution du jugement.

L’organisation syndicale a dénoncé également la multiplication des poursuites pour les mêmes faits y voyant une forme de pression judiciaire et de harcèlement visant les journalistes et acteurs médiatiques. Une situation qui, selon elle, a contribué ces dernières années à l’installation d’un climat d’autocensure au sein des rédactions, affectant la qualité du débat public sur les questions de droits et de libertés.

N.J

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