Lors de la plénière du lundi 20 avril 2026 au Parlement, le ministre du Transport, Rachid Amri, a livré une intervention très attendue sur la situation du transporteur national Tunisair, en réponse aux interrogations du député Ghassen Yamoun. Entre annonces de réorganisation, promesses d’amélioration et zones d’ombre persistantes, le ministre a esquissé les contours d’une stratégie destinée à redresser une compagnie fragilisée par des dysfonctionnements récurrents.
Au cœur de son propos, une nouvelle approche en matière communication avec les usagers. Le ministre a ainsi révélé la mise en place d’un dispositif visant à améliorer la communication avec les passagers. Il a expliqué que les voyageurs effectuant leurs réservations via la centrale qui renseignent leurs coordonnées étaient informés en temps réel en cas de retard ou d’annulation. À l’inverse, les passagers omettant ces informations ne reçoivent aucune notification. « C’était le chaos à Tunisair à cause de cela », a reconnu le ministre, évoquant une situation longtemps marquée par l’absence de communication efficace avec les clients. Il a assuré qu’une solution avait été trouvée, sans toutefois en détailler les mécanismes précis.
Cette absence de précisions s’est également manifestée concernant la stratégie globale de redressement de la compagnie, que le ministre n’a pas explicitée, laissant planer une certaine incertitude quant aux leviers concrets de cette réforme annoncée.
Sur le plan opérationnel, Rachid Amri s’est néanmoins voulu plus affirmatif. Il a indiqué que la flotte actuelle comptait 14 avions en activité, un chiffre appelé à évoluer progressivement. Selon ses projections, ce nombre devrait atteindre 16 appareils d’ici le mois de juin, puis 18 à la fin de l’année 2026. Une montée en puissance présentée comme essentielle pour restaurer les capacités de la compagnie et répondre à la demande croissante.
Le ministre a par ailleurs reconnu l’existence de défaillances techniques ayant affecté les performances de la flotte, notamment liées aux moteurs de certains appareils. Là encore, il a affirmé que le gouvernement avait trouvé des solutions à ces difficultés, sans en dévoiler la nature ni les modalités d’application. Une communication partielle qui, si elle se veut rassurante, laisse subsister des interrogations quant à la pérennité des mesures engagées.
Dans cette dynamique de relance, Rachid Amri a également annoncé la reprise prochaine des vols à destination de la Libye. Il a assuré que les obstacles techniques et logistiques ayant entravé ces liaisons avaient été levés, ouvrant la voie à une normalisation progressive des dessertes régionales.
Le ministre a conclu son intervention en soulignant que les efforts du gouvernement se concentraient désormais sur l’amélioration de la ponctualité, un enjeu crucial pour restaurer la crédibilité de Tunisair auprès de ses passagers. Une ambition qui s’inscrit dans une volonté plus large de rétablir la confiance et de repositionner la compagnie nationale dans un environnement aérien de plus en plus concurrentiel.
N.J










