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Décès du géant de la chanson marocaine Abdelwahab Doukkali

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    Une page majeure de la musique marocaine s’est refermée ce vendredi. Abdelwahab Doukkali, considéré depuis des décennies comme l’un des bâtisseurs de la chanson marocaine moderne, est décédé le 8 mai 2026 à l’âge de 84 ans, dans une clinique de Casablanca, où il devait subir une intervention chirurgicale.

    Avec lui disparaît bien plus qu’un chanteur. C’est une école, une voix, une certaine idée de l’élégance musicale marocaine qui s’efface.

    Né en 1941 à Fès, au sein d’une fratrie de treize enfants, Abdelwahab Doukkali grandit dans un univers modeste, nourri très tôt par la musique, le théâtre et les arts visuels. À la fin des années 1950, alors qu’il n’a pas encore vingt ans, il quitte sa ville natale pour Rabat, où il fait ses premiers pas professionnels au sein de la radio nationale, avant de poursuivre son apprentissage artistique à Casablanca.

    Le jeune artiste ne tarde pas à regarder plus loin. Au début des années 1960, il traverse l’Algérie puis s’installe quelque temps au Égypte, alors capitale artistique du monde arabe. C’est là que son nom commence réellement à circuler hors des frontières marocaines, avant un retour au pays en 1965, avec une ambition claire : donner à la chanson marocaine une identité moderne, sans jamais renier ses racines.

    Le pari sera tenu. Pendant plus de six décennies, Abdelwahab Doukkali enchaîne les œuvres devenues patrimoniales. Moul El Khal, Kan Ya Makan, Marsoul El Houb, Ma Ana Illa Bachar, Montparnasse ou encore Souk Al Bacharia traversent les générations, mêlant darija, arabe classique, poésie populaire et compositions sophistiquées. Son style, immédiatement reconnaissable, impose une signature à part dans le paysage musical arabe.

    Mais l’artiste ne s’est jamais limité à la chanson. Théâtre, composition pour le cinéma, apparitions à l’écran, distinctions internationales, hommages institutionnels… son parcours épouse celui d’un créateur complet, salué aussi bien dans le monde arabe qu’en Europe et même au Vatican, où plusieurs distinctions honorifiques lui avaient été remises au cours des années 2000.

    Ces derniers mois encore, malgré une présence plus discrète, l’artiste continuait de susciter la ferveur du public, notamment lors de ses rares apparitions sur scène à Rabat.

    Avec la disparition d’Abdelwahab Doukkali, le Maroc perd l’un de ses derniers géants, un artiste dont la voix aura accompagné plusieurs générations et dont l’héritage, lui, semble promis à traverser encore longtemps le temps.

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