Des amendes pouvant dépasser 50.000 dinars et des peines d’emprisonnement : telles sont les sanctions encourues par les agriculteurs qui utilisent des eaux usées pour irriguer leurs cultures, a rappelé l’Instance de la sécurité sanitaire des produits alimentaires à la suite d’une opération menée à Tebourba, dans le gouvernorat de La Manouba.
La directrice régionale de l’Instance à La Manouba, Maha Khaldi, a indiqué mardi 2 juin 2026, lors de son intervention dans l’émission « 60 minutes » sur Diwan FM, qu’un procès-verbal de destruction a été dressé concernant cinq hectares de cultures de tomates dans la région de Chouigui, relevant de la délégation de Tebourba.
Selon elle, le propriétaire de l’exploitation a été surpris en train d’irriguer ses cultures avec des eaux usées. Le dossier sera transmis à la justice afin que les sanctions prévues par la loi soient appliquées.
Les autorités ont procédé à la destruction de l’ensemble de la parcelle concernée après la découverte d’un système d’irrigation alimenté par des eaux usées, une pratique interdite en raison des risques qu’elle présente pour la santé publique.
Une opération menée sous supervision officielle
L’intervention a été réalisée en application d’une décision administrative, sous la supervision d’une commission régionale mixte réunissant des représentants de la direction régionale du développement agricole, de l’Instance de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, de l’Agence nationale de protection de l’environnement, ainsi que des autorités locales et des unités de la Garde nationale. Les cultures détruites se trouvaient encore au stade de croissance végétative.
Selon les constatations des services de contrôle, l’exploitant agricole utilisait des eaux provenant du réseau d’assainissement de la zone de Chouigui. Celles-ci étaient collectées dans un bassin avant d’être acheminées vers les cultures.
Les autorités ont également relevé des modifications apportées au cours d’un oued afin de détourner le flux d’eau, en violation de la réglementation relative au domaine public hydraulique.
Des enquêtes en cours
Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’enquêtes ouvertes sur plusieurs cas similaires d’utilisation illégale d’eaux non conventionnelles dans l’irrigation agricole.
Les services de contrôle rappellent que ces pratiques constituent une infraction grave à la législation en vigueur et font l’objet d’un suivi rigoureux afin de préserver la sécurité sanitaire des produits alimentaires et de protéger la santé publique.
S.H










