À l’occasion du congrès de la Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, a dressé un constat particulièrement critique des relations entre la centrale syndicale et le pouvoir exécutif, estimant qu’aucun signe ne laisse présager une évolution de la politique adoptée à l’égard de l’organisation syndicale.
S’exprimant devant les congressistes, le dirigeant syndical a affirmé ne pas croire à un changement de la position des autorités vis-à-vis de l’UGTT, évoquant l’absence de toute indication susceptible de témoigner d’une volonté de rétablir des rapports plus constructifs avec les organisations nationales, notamment avec la centrale ouvrière.
Face à cette situation, il a appelé les structures syndicales à compter avant tout sur leurs propres capacités de mobilisation et d’organisation. Selon lui, les congrès constituent des moments essentiels pour insuffler une nouvelle dynamique à l’organisation et renforcer sa capacité à défendre les intérêts des travailleurs dans un contexte jugé difficile.
Le secrétaire général a également insisté sur la responsabilité collective des différentes composantes de l’UGTT dans la préservation de la vitalité de l’organisation. Il a souligné que le renforcement de l’action syndicale ne relève pas uniquement de la direction nationale, mais de l’ensemble des militants et responsables syndicaux à tous les niveaux.
Le dialogue social au cœur des revendications
Au cœur de son intervention, le responsable syndical a réaffirmé l’attachement de l’UGTT au droit syndical et au droit à la négociation collective. Il a estimé que ces acquis ne peuvent être préservés et renforcés que par l’engagement des syndicalistes eux-mêmes, rejetant toute logique consistant à solliciter ou à attendre une reconnaissance extérieure de ces droits.
« Nous ne mendierons ni la négociation ni le retour du dialogue social », a-t-il martelé en substance, estimant qu’il appartient à l’organisation syndicale de réimposer ces mécanismes à travers son action et sa mobilisation.
Le dirigeant de l’UGTT a enfin rappelé que le dialogue social et la négociation collective ne constituent pas des privilèges accordés par les autorités, mais des droits consacrés tant par les conventions internationales que par la législation nationale. À ses yeux, la défense de ces principes demeure l’un des principaux défis auxquels le mouvement syndical tunisien est aujourd’hui confronté.
Cette intervention intervient dans un contexte de relations particulièrement tendues entre l’UGTT et l’exécutif, marqué depuis plusieurs années par le gel du dialogue social institutionnel et l’absence d’accords majeurs entre les deux parties sur les principales revendications économiques et sociales.
N.J










