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Plages tunisiennes : pourquoi les méduses prolifèrent de plus en plus ?

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Par Rabeb Aloui

    Depuis plusieurs semaines, de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant la présence massive de méduses sur plusieurs plages tunisiennes. Plus récemment, d’autres publications ont établi un lien entre cette prolifération et la disparition progressive de certaines espèces marines, notamment le thon et les tortues marines, considérés comme des prédateurs naturels de certaines espèces de méduses. La présence signalée du « Galion portugais » (Physalia physalis), un organisme marin venimeux souvent confondu avec une méduse, a également suscité l’inquiétude des estivants à l’approche de la saison touristique.

    Les observations de méduses et d’organismes apparentés ne sont pas nouvelles en Tunisie. Ces dernières années, plusieurs spécialistes de l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM) ont alerté sur l’apparition régulière de certaines espèces dans les eaux tunisiennes. Concernant le Galion portugais, les chercheurs de l’INSTM rappellent qu’il ne s’agit pas d’une véritable méduse mais d’un siphonophore composé de plusieurs organismes vivant en colonie. Sa présence sur les côtes tunisiennes est principalement liée aux vents et aux courants marins qui le transportent depuis l’océan Atlantique vers la Méditerranée. Des observations récentes ont notamment été signalées à Bizerte, Tabarka, Soliman et Borj Cédria.

    Cependant, la multiplication des méduses sur les plages tunisiennes ne s’explique pas uniquement par les courants marins. Les scientifiques soulignent depuis plusieurs années que la dégradation des écosystèmes marins favorise leur prolifération. Parmi les facteurs les plus souvent cités figurent la surpêche, le réchauffement des eaux, ainsi que la pollution croissante du milieu marin. Lorsque certaines espèces de poissons diminuent sous l’effet de la pression de pêche, les méduses rencontrent moins de prédateurs et de concurrents pour se nourrir, ce qui favorise leur développement.

    Le cas des tortues marines est particulièrement révélateur. Ces animaux jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins. Plusieurs espèces de tortues se nourrissent régulièrement de méduses. Or, les tortues marines sont aujourd’hui confrontées à de nombreuses menaces, captures accidentelles dans les filets de pêche, destruction des zones de ponte, pollution lumineuse et surtout pollution plastique. Les spécialistes rappellent que les tortues confondent souvent les sacs plastiques flottants avec des méduses, ce qui provoque leur mort après ingestion.

    La pollution marine constitue en effet l’un des principaux facteurs de déséquilibre observés sur les côtes tunisiennes. Chaque année, des quantités importantes de déchets plastiques, d’eaux usées insuffisamment traitées et de rejets industriels finissent dans la mer. Cette pollution modifie les habitats marins, fragilise de nombreuses espèces et réduit la biodiversité. Lorsque les écosystèmes s’appauvrissent, certaines espèces opportunistes comme les méduses peuvent proliférer plus facilement.

    Les conséquences ne se limitent pas à la faune marine. La pollution affecte également directement les plages tunisiennes. Les déchets plastiques et les rejets polluants dégradent la qualité des eaux de baignade, nuisent à l’attractivité touristique du littoral et peuvent avoir des impacts sur la santé humaine. Les plages polluées deviennent également moins favorables à la nidification des tortues marines, qui recherchent des espaces propres, calmes et peu perturbés pour pondre leurs œufs.

    Concernant le Galion portugais, les spécialistes appellent à la vigilance mais déconseillent toute panique. Ses tentacules peuvent provoquer des brûlures douloureuses même lorsque l’organisme est échoué sur la plage ou mort depuis plusieurs heures. Les associations environnementales et les chercheurs recommandent de ne jamais toucher ces organismes et de signaler leur présence aux autorités compétentes.

    L’augmentation des observations de méduses sur les côtes tunisiennes constitue ainsi un signal d’alerte sur l’état de santé de l’écosystème marin. Si les courants marins et les conditions climatiques expliquent une partie du phénomène, la pollution, la dégradation des habitats côtiers et le recul de certaines espèces marines jouent également un rôle important.

    R.A.

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    2 commentaires

    1. Gg

      Répondre
      5 juin 2026 | 15h44

      Vous avez tout dit.
      Eaux trop chaudes, plastiques et prédateurs en voie de disparition.
      La solution concernant les plastiques et les prédateurs est évidente !

    2. Question un peu vite répondue...

      Répondre
      5 juin 2026 | 15h06

      Parce que surtout ENTRAVE MULTIPLE par néocolonisation collective à la révolution démocratique d’Esprit 2011 et Lettre commune 2014, seule apte à bouter extractivisme écoccidaire capitaliste ultralibéral en ressources humaines et matérielles voracement exploitées.

      Révolution de Tierce Voie salutaire pour la région élargie voire même révolution de Nouvelle Pensée pour le Monde même à terme !

      Question « perçante » suivante maintenant :

      Contrée Tunisienne…Pourquoi les « Krypto-Médusa imamatriKulées QômcepSions » ne finissent elles pas de proliférer tout Kourt ?

      Médusante question à perçer…si ce n’est déjà fait 😉

      https://m.youtube.com/shorts/O1RttGN8FPo

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