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Journée nationale de protection des journalistes : le SNJT réclame la libération des journalistes détenus et la vérité sur le sort de Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari

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    À l’occasion de la Journée nationale de protection des journalistes, célébrée ce mardi 8 septembre 2026, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé les autorités tunisiennes à renforcer la protection des journalistes, à mettre fin aux poursuites liées à l’exercice de la profession et à faire toute la lumière sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari, disparus en Libye en 2014.

    Dans un communiqué publié à cette occasion, le SNJT souligne que douze ans après la disparition des deux journalistes, leur affaire demeure toujours ouverte. Le syndicat estime que l’absence de vérité complète, l’absence de détermination de leur sort et l’absence de reddition de comptes constituent un « échec continu » en matière de protection des journalistes, mais aussi de garantie du droit de leurs familles et de l’opinion publique à connaître la vérité.

    Le syndicat appelle ainsi les autorités tunisiennes à poursuivre leurs efforts judiciaires, diplomatiques et sécuritaires, en coordination avec les autorités libyennes et les instances internationales compétentes. Il réclame également que les familles de Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari soient informées des éléments disponibles concernant l’évolution du dossier.

    Le SNJT dénonce une dégradation des libertés journalistiques

    Le syndicat estime que cette Journée nationale intervient dans un contexte marqué par un recul préoccupant des garanties relatives à la liberté de la presse et de l’expression en Tunisie. Il dénonce notamment la poursuite de l’emprisonnement de journalistes et les poursuites judiciaires visant d’autres professionnels en raison de leur activité, de leurs positions ou de leurs opinions.

    Le SNJT cite notamment les journalistes Mourad Zeghidi, Borhen Bsaïss et Zied El-Heni, toujours détenus selon le communiqué, ainsi que Mohamed Yousfi, actuellement poursuivi dans le cadre de son activité journalistique.

    Pour le syndicat, le maintien en détention et les poursuites engagées dans des affaires liées à la liberté d’expression et au travail journalistique témoignent d’un recours croissant aux mécanismes pénaux dans le traitement des questions liées à la presse.

    Le SNJT réclame, dans ce contexte, la libération des journalistes détenus et la révision des poursuites et condamnations prononcées dans les affaires liées à la liberté de la presse et de l’expression, tout en appelant au respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et du droit à un procès équitable devant une justice indépendante.

    Le décret 54 de nouveau dans le viseur

    Le syndicat critique également le recours à des dispositions pénales générales ou exceptionnelles dans des affaires liées à la publication et à l’expression, estimant que les textes spécifiques régissant la presse doivent être appliqués lorsque leurs conditions sont réunies.

    Le SNJT réaffirme à ce titre son attachement au décret-loi n°115 de 2011, qu’il considère comme le cadre juridique spécifique à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition.

    Le syndicat renouvelle par ailleurs sa demande de révision du décret-loi n°54 de 2022, qu’il accuse d’être devenu l’un des textes utilisés pour poursuivre l’expression et la publication et pour régler des comptes politiques.

    Selon le SNJT, la poursuite de cette approche législative et judiciaire contribue à instaurer un climat de peur, à accroître les risques juridiques pesant sur les journalistes et à favoriser l’autocensure.

    Une crise de la presse également économique

    Le syndicat lie par ailleurs la situation de la liberté de la presse à la crise économique que traverse le secteur des médias. Il estime que l’affaiblissement financier et professionnel des entreprises médiatiques les rend davantage vulnérables aux pressions politiques, administratives et économiques.

    Pour le SNJT, la protection de la presse ne doit donc pas se limiter à protéger les journalistes contre les agressions physiques ou les poursuites judiciaires. Elle doit également inclure la protection des entreprises médiatiques contre l’effondrement économique et les interventions susceptibles de porter atteinte à leur indépendance.

    Le syndicat appelle ainsi les autorités à prendre leurs responsabilités dans le traitement de la crise économique du secteur et à mettre en place des mécanismes permettant d’assurer la pérennité des médias, sans que les aides ou financements publics ne deviennent un moyen d’intervenir dans leur indépendance ou leurs lignes éditoriales.

    Une longue liste de revendications

    Dans son communiqué, le SNJT réclame notamment :

    • la libération des journalistes Mourad Zeghidi, Borhen Bsaïss et Zied El-Heni et la révision des poursuites et condamnations prononcées dans les affaires liées à la liberté de la presse et de l’expression ;
    • la libération immédiate de Mohamed Yousfi et l’arrêt des poursuites liées à son activité journalistique ;
    • l’arrêt du recours aux dispositions pénales générales et exceptionnelles contre les journalistes dans les affaires relevant de l’exercice de leur profession ;
    • le respect du décret-loi n°115 de 2011 et des garanties qu’il prévoit ;
    • la révision du décret-loi n°54 de 2022 ainsi que des autres textes susceptibles d’être utilisés pour criminaliser le journalisme et l’expression ;
    • la garantie de l’indépendance de la justice, du procès équitable, de la présomption d’innocence et des droits de la défense ;
    • la fin des pressions, menaces et restrictions visant les journalistes et les médias ;
    • la garantie du droit des journalistes d’accéder aux informations et à leurs sources ;
    • la poursuite des efforts visant à établir la vérité sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari et à déterminer les responsabilités ;
    • l’information des familles des deux journalistes et de l’opinion publique sur l’évolution du dossier, dans les limites prévues par la loi ;
    • l’ouverture d’un dialogue national sur l’avenir des médias en Tunisie ;
    • la mise en place d’une politique publique garantissant l’indépendance, le pluralisme et la pérennité du secteur médiatique ;
    • la fin des restrictions visant les syndicats, organisations professionnelles et composantes de la société civile.
    Une campagne nationale et internationale annoncée

    À l’occasion de cette Journée nationale, le SNJT annonce également le lancement d’une campagne nationale et internationale de solidarité avec les journalistes détenus ou poursuivis en raison de leur travail ou de l’expression de leurs opinions.

    Cette campagne vise notamment à faire connaître la situation des journalistes concernés, à documenter les violations dont ils seraient victimes, à suivre leurs dossiers judiciaires et à faire connaître au niveau international la situation de la liberté de la presse en Tunisie.

    Le syndicat prévoit, dans ce cadre, de renforcer ses contacts avec les organisations professionnelles et de défense des droits humains, aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, afin de mobiliser un soutien en faveur des journalistes et de demander aux autorités tunisiennes de respecter leurs engagements constitutionnels et internationaux en matière de liberté de la presse et d’expression.

    Le SNJT affirme également qu’il poursuivra le suivi et la documentation des violations ainsi que les démarches professionnelles, juridiques et syndicales nécessaires pour défendre les journalistes concernés.

    « La protection des journalistes n’est pas une faveur »

    Dans son communiqué, le syndicat insiste enfin sur le fait que la protection des journalistes ne constitue pas une faveur accordée par le pouvoir, mais une obligation légale et liée aux droits humains.

    Pour le SNJT, la liberté de la presse ne concerne pas uniquement les journalistes. Elle constitue également une garantie du droit de la société à l’information et du droit des citoyens à demander des comptes aux autorités et à débattre des politiques publiques.

    Le syndicat estime ainsi que les autorités ne peuvent déterminer les limites de la liberté journalistique en fonction de considérations politiques ou conjoncturelles. Il appelle à garantir l’indépendance de la presse vis-à-vis du pouvoir exécutif et de tous les centres d’influence.

    En cette Journée nationale de protection des journalistes, le SNJT réaffirme enfin sa demande de faire toute la lumière sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari, de déterminer les responsabilités et de garantir à leurs familles le droit de connaître leur sort.

    Le syndicat affirme également qu’il poursuivra sa défense de Mourad Zeghidi, Borhen Bsaïss, Zied El-Heni et de tous les journalistes privés de leur liberté ou poursuivis en raison de leur travail ou de leur exercice du droit à la liberté d’expression.

    Selon le SNJT, la protection de la presse passe par l’arrêt des restrictions et des poursuites, la libération des journalistes détenus, la garantie de l’indépendance de la justice et la réouverture de l’espace public à la presse, aux syndicats et à la société civile. Le syndicat considère cette mobilisation comme une composante de la défense de la démocratie, des droits humains et du droit des Tunisiens à l’information.

    S.F

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