Les augmentations générales ne suffiront pas. C’est, en substance, le message adressé au gouvernement par la députée Najla Lahyani, qui réclame une revalorisation salariale spécifique et substantielle en faveur des enseignants, en plus des hausses générales annoncées dans la fonction publique et les secteurs public et privé. Une revendication formulée vendredi 6 novembre 2026, lors de l’examen du budget 2027 du ministère de l’Éducation à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Intervenant sur Diwan FM, la députée, membre de la commission de l’éducation, a estimé que les augmentations générales ne permettraient pas, à elles seules, de compenser les difficultés financières auxquelles font face les enseignants. Entre la cherté de la vie et l’érosion continue du pouvoir d’achat, elle plaide pour une mesure propre au secteur de l’éducation, estimant que la situation de ses personnels justifie un effort supplémentaire.
Une demande qui intervient toutefois dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, alors que les marges de manœuvre de l’État sont limitées par des finances publiques sous pression. La question est donc aussi celle de la capacité du gouvernement à répondre à ces revendications sans aggraver davantage les équilibres budgétaires.
Au-delà des salaires, Najla Lahyani a soulevé plusieurs autres dossiers qui continuent de peser sur le secteur. Elle s’est notamment interrogée sur le recours aux enseignants retraités pour pallier les postes vacants, alors que des milliers de diplômés de l’enseignement supérieur sont toujours en quête d’un emploi. Tout en exprimant son respect pour les enseignants ayant quitté la vie active, elle a estimé que les jeunes diplômés devaient, eux aussi, pouvoir accéder au marché du travail.
Le sort des enseignants suppléants reste également en suspens. Près de 5.000 d’entre eux attendraient encore la régularisation de leur situation, tandis que les contestations liées au concours de recrutement de 2021 continuent d’alimenter les tensions.
Des budgets annoncés, mais des écoles toujours délabrées
La députée a enfin interpellé le ministère sur l’état des infrastructures scolaires. Elle a rappelé que 615 millions de dinars étaient prévus pour de nouveaux projets et 300 millions pour l’entretien et la réhabilitation des établissements. Des enveloppes conséquentes sur le papier, mais dont elle dit ne pas voir les retombées concrètes sur le terrain.
Elle a notamment évoqué des plafonds menaçant de s’effondrer et plusieurs incidents survenus dans des établissements scolaires, mettant en lumière les risques auxquels sont exposés élèves et personnels éducatifs.
Entre revendications salariales, situations professionnelles non régularisées, chômage des diplômés et établissements scolaires en mauvais état, le secteur de l’éducation cumule ainsi les difficultés. Autant de dossiers qui appellent des réponses concrètes, alors que les contraintes financières de l’État rendent chaque nouvel engagement budgétaire plus difficile à tenir.
M.B.Z










