Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

L’avenir n’est pas un mystère absolu ou une fatalité inexorable

La prospective étant un nouveau concept faisant partie de la gestion de l’entreprise et constituant une stratégie de prévention contre les différentes crises qui peuvent menacer les organisations, elle est devenue un élément essentiel au bon fonctionnement de toute société. A ce propos, la revue Réalités a organisé récemment, un forum international auquel ont participé plusieurs spécialistes du domaine, afin de faire part de leurs études et recherches sur le sujet.

« Prospective stratégique : l’anticipation, enjeu de performance de l’entreprise tunisienne », voilà le thème sous lequel a été organisé, jeudi dernier, le forum de Réalités. Cette nouvelle démarche dialectique et rigoureuse, menée dorénavant dans la plupart des entreprises afin de déterminer l’éventail des futurs possibles, a été présentée et traitée par les différents participants au forum.
Ce dernier a démarré avec une première séance, présidée par MM. Hassan Bertal, directeur général d’Attijari Bank, Taieb Zahar, Président du forum de Réalités et Afif Chelbi, ministre de l’Industrie, de l’Energie et des PME.
M. Zahar a ouvert la séance en faisant allusion aux autres forums organisés par Réalités et le besoin d’avoir un magazine qui soit capable de se dépasser et de couvrir les actualités mondiales.
M. Chelbi, quant à lui, a d’abord défini les trois facteurs responsables de la réussite de la prospective, à savoir l’entreprise, les opérateurs de l’information et l’Etat. Il a aussi abordé le sujet des spéculations sur les prix du marché et surtout du secteur industriel.
« La mise à niveau a permis à l’entreprise d’assurer la mise à prospective », affirme le ministre. Dans ce sens, l’entreprise doit avoir une structure claire et une bonne gestion des outputs et inputs afin d’assurer la bonne démarche et les meilleurs résultats.
Les entreprises tunisiennes étant déjà sur la voie de la modernisation grâce à la régression du secteur traditionnel (de 75% à 50%) en faveur du secteur émergent (TIC) qui a augmenté de 25% à 50%, les nouveaux changements qui constituent une menace pour les autres pays industriels devraient donc représenter une opportunité pour un pays comme la Tunisie.
La montée de la Chine par exemple est une occasion pour la Tunisie d’améliorer ses taux d’échanges avec d’autres pays menacés par la Chine.

M.Chelbi a profité de l’occasion pour indiquer que l’arrivée massive des jeunes diplômés doit représenter une opportunité et non un défi.
Mme Monia Jeguirim Essaidi, présidente du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) a ensuite présenté un sondage qui a été effectué à propos de la Prospective Stratégique. Ce sondage, réalisé dans différentes villes tunisiennes, a permis de constater que plus de 75% des Jeunes Dirigeants (JD) affirment avoir une visibilité de leur marché qui va de 1 an à 3 ans, et plus de 48% des JD déclarent effectuer au sein de leur entreprise, périodiquement et de manière formelle, un plan stratégique et prospectif. De plus, les JD considèrent que les variables dont leur entreprise dépend sont : l’environnement économique et financier pour 88%, l’environnement législatif et réglementaire pour 77%, l’environnement technologique pour 72%, l’environnement politique et géopolitique pour 64% et l’environnement socioculturel pour 55%. Le sondage a permis aussi de constater que 83 % des JD pensent qu’une étude prospective permettrait d’accroître leur visibilité et la performance de leur entreprise et 76% d’entre eux disent qu’ils pourraient recourir à un spécialiste pour mener une telle étude. Enfin, plus de 77% des JD considèrent qu’il relève de l’UTICA de mener des études prospectives sectorielles et ils sont 88% à être intéressés par une éventuelle participation à une étude prospective au sein du CJD.

Quant à M. Bertrand Lang, consultant en prospective auprès d’Etats et de grands groupes industriels et directeur du Master 2 Pratiques de l’Anticipation et de la Prospective à Paris V, il a insisté sur le fait que la prospective doit être associée à la prévision, dans le sens où c’est une préoccupation du futur.
Après une introduction historique portant sur la prospective, il a expliqué que la révolution que le monde vit de nos jours est une conséquence d’un événement majeur : la chute du l’URSS. Cette chute est causée par l’échec des sociétés administratives : une erreur de calcul.
D’autre part, il a précisé que l’individu doit se sentir libre de choisir face à un marché supposé, d’exprimer ce qu’il veut et d’accepter ou non le produit. Cette philosophie du marché requiert une démocratie, une vraie démocratie au sein de l’entreprise.
La mondialisation est donc une expérience de choix, puisqu’elle permet au consommateur d’effectuer une sélection entre les différents produits proposés. Dans ce cas, la concurrence devient un objectif de survie. Il faut assurer la survie du produit dans le court, puis le long terme. « C’est pour cela que la gamme Vel Satis de Renault a connu un échec considérable », a indiqué M. Lang.
Le produit ayant été imposé aux consommateurs, les niveaux de ventes ne correspondaient pas à ce qui était prévu. Or, le client ne doit jamais subir, il doit être acteur de ses choix.

M. Mehdi Taje, directeur de Global Prospect, professeur et consultant international en prospective, stratégie d’entreprise et géopolitique a enchaîné avec une intervention, qui a attiré l’attention des participants, car il a su communiquer une information synthétisée, sans se perdre dans un long discours à l’instar d’autres orateurs.
Il a commencé par expliquer qu’une rupture nuisant à une organisation peut être définie comme l’enchaînement des événements capables de bouleverser l’environnement de l’entreprise et d’élargir brutalement le champ d’incertitude. Elle résulte de multiples engrenages souterrains et silencieux qui, soudain, convergent et se catapultent pour provoquer une explosion : l’impossible devient possible.
« Ce qui conditionne la pérennité et la performance d’une entreprise, c’est sa capacité à se forger une vision stratégique de l’avenir, intégrant le facteur rupture. Les critères classiques de segmentation et les styles de vie n’expliquent plus les comportements du consommateur. Ce dernier est plus exigeant, plus critique, plus éthique, plus citoyen. C’est pourquoi d’ailleurs il apparaît moins captif, moins fidèle et inclassable », affirme M.Taje. Cette incertitude peut donc résulter de l’instabilité du consommateur moderne et constituer un risque pour l’entreprise.
Avec la diversification des risques, les crises se multiplient et changent de nature : la crise plonge l’entreprise dans une incapacité à comprendre les événements et à y répondre.
Anticiper, c’est donc se prémunir contre les impacts négatifs, c’est privilégier la réflexion en préparant une décision : c’est en cela que la prospective est souvent qualifiée de « réductrice de risques ». Le futur n’est ni un mystère absolu, ni une fatalité inexorable. Dans le domaine de l’anticipation, le futur est à la fois : Une possibilité et une décision qui engage par rapport à un projet.

En conclusion, comme l’indique l’amiral Jean Dufourcq, directeur de recherche à l’école militaire de Paris et ancien directeur de la branche de recherches du collège des défenses de l’OTAN à Rome, la stratégie consiste à être capable d’utiliser toutes les sources afin d’assurer une bonne planification du futur. La tactique consiste à étudier toutes les possibilités, peser les risques et prendre en considération les facteurs du temps, lieu, force et manœuvre.


Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *