La Tunisie classée 4ème exportateur d’huile d’olive à l’échelle mondiale après l’Espagne, l’Italie et la Grèce, a décidé d’améliorer l’image de l’un de ses produits phares. Afin de valoriser davantage l’huile d’olive tunisienne, le centre Technique de l’emballage et du Conditionnement (Packtec) a organisé une conférence de presse dans le cadre d’une campagne de promotion visant à relever le défi de l’exportation de l’huile d’olive tunisienne conditionnée.
De gros défis d’autant plus que l’huile d’olive tunisienne, en dépit de son indéniable très grande qualité, souffre de nombreux problèmes !
L’objectif est simple : faire passer, selon les objectifs du 11ème Plan, le taux d’exportation d’huile d’olive conditionnée de 1% à 10% à l’horizon de 2011.
Pour assurer la réussite de ce projet, le Packtec s’est fixé un plan de stratégie constitué d’actions génériques (les études et les opérations de prospection des marchés, les campagnes de publicité et de marketing sur les marchés cibles…) et des actions spécifiques (la participation aux foires et salons et la prospection des marchés, la recherche d’intermédiaires dans les marchés cibles…)
Le dilemme qui se pose cependant est le suivant : l’huile tunisienne est bien connue pour sa qualité chez les concurrents mondiaux (notamment les italiens et les espagnols) mais le client final ignore cette information.
La promotion de cette qualité facilitera donc le développement des plans d’actions qui, à leur tour, faciliteront les exportations vers les marchés cibles : les Etats-Unis, la France et le Japon.
« Sur le plan national, la Tunisie a remporté en 2008 une partie de ce défi », affirme Zakaria Ahmed, Directeur Général des Industries Alimentaires, car entre le 10ème et le 11ème plan, la Tunisie a augmenté sa productivité de 90%.
Par ailleurs, il semble que le consommateur (quelle que soit sa nationalité) n’est pas assez sensibilisé à ce sujet, ce qui présente un autre défi pour l’industrie d’huile d’olive et explique la faible consommation du produit tunisien.
De plus cette déficience de production est due aussi au monopole des marques internationales, explique Slim Chaker, Directeur Coordonnateur du Famex (Fond d’Accès aux Marchés d’Exportation).
« C’est une bagarre qui nous dépasse » affirme-t-il. La Tunisie doit donc jouer sa carte gagnante : la qualité de son produit et doit essayer, en même temps, de définir les circuits de distribution les plus adaptés à ses produits.
Il n’en reste pas moins que les défis auxquels les exportateurs tunisiens d’huile d’olive doivent faire face, se résument au fait que non seulement le client final ignore tout sur ce produit, mais qu’il ignore aussi où se trouve la Tunisie. Ce qui représente un vrai obstacle pour faire circuler le produit à l’étranger.
« On doit gagner la confiance du client, pour qu’il fasse confiance en notre produit, affirme Aref Belkhiria, Président Directeur Général du groupe BSB, d’autant plus que le coût représente un autre handicap, car le produit tunisien est plus cher pour de multiples raisons. Par exemple, en Espagne, l’agriculture est subventionnée par l’Etat, ce qui n’est pas le cas en Tunisie. »
A noter que l’emballage du produit contribue à l’ascension des prix car, contrairement aux concurrents européens, la Tunisie se voit dans l’obligation d’importer cet emballage.
Enfin, la Tunisie fait face à un marché local limité ce qui donne un coup de frein au développement de cette industrie, contrairement au pays européens.










