Trois heures trente minutes. Telle est la durée de la rencontre qui a eu lieu en début d’après-midi jeudi 10 juillet 2008 entre le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi et des patrons de presse, tous médias confondus. Etaient notamment présents les présidents de la télévision et de la radio, des patrons de la presse écrite, de la presse de l’opposition, de la presse électronique, etc.
Il ne s’agissait pas d’une rencontre de presse classique. Le Premier ministre a bien souligné qu’il n’y avait pas d’obligation de couverture médiatique dans cette première rencontre avec la presse tunisienne. Il voulait surtout expliquer la politique du gouvernement face à la conjoncture internationale. Une conjoncture marquée notamment par l’ajustement à la hausse des prix des hydrocarbures, de certains métaux et de certains produits alimentaires. Face à cette conjoncture, à laquelle la Tunisie ne peut échapper, il s’agit d’adopter une politique bien déterminée prenant en considération différents facteurs.
Évitant à merveille d’être alarmiste, Mohamed Ghannouchi a souligné qu’il ne s’agit en aucun cas de serrer la ceinture, mais qu’il est cependant impératif d’éviter le gaspillage et de veiller à la rationalisation de la consommation. L’énergie par exemple. On pourrait, invite le ministre, à réduire sa consommation de carburant en diminuant la vitesse. A réduire sa consommation d’électricité en préférant les lampes économiques…
Après l’intervention du ministre, qui a duré à elle seule 1h40, place a été donnée au débat. Un débat gagné par une extraordinaire liberté de ton. Les représentants de la presse présents, qu’ils soient indépendants, du gouvernement ou de l’opposition, ont interrogé le Premier ministre sur la politique du gouvernement à propos de plusieurs sujets : caisse de compensation, traitement médiatique des événements, déficit de la communication gouvernementale, événements du bassin minier de Redeyef, recettes des exportations du pétrole et du phosphate tunisiens, etc.
Mohamed Ghannouchi n’a zappé aucune des questions et a pris le temps nécessaire pour expliquer la stratégie du gouvernement et la philosophie de la démarche dictée par le programme présidentiel.
Nous y reviendrons.










