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La crise atténuée par la vitalité des pays émergents

L’environnement mondial instable et difficile qui a prévalu en 2007 a affecté, en particulier, la croissance économique des principaux pays développés, se traduisant par une décélération du rythme d’expansion de leurs économies, tandis que les pays émergents et ceux en développement, comme la Chine, l’Inde et la Russie, ont continué à connaître, dans l’ensemble, une croissance soutenue. En dépit de la conjoncture internationale difficile, l’économie tunisienne a réalisé un taux de croissance du PIB de 6,3% en termes réels, contre 5,5% en 2006, grâce aux effets positifs des réformes structurelles sur l’amélioration de la compétitivité et le développement des secteurs prometteurs et à haute valeur ajoutée, à la diversification du tissu économique et à l’accélération de la progression des exportations de biens et services.

Le Chef de l’Etat a pris connaissance, en conférant, hier, lundi 8 septembre 2008, avec M. Mohamed Ghannouchi, Premier ministre, de l’avancement de la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2009. Il a souligné l’impératif de prendre en considération les derniers développements de la conjoncture économique mondiale et les fluctuations sur la scène internationale, développements qui commandent de faire preuve de vigilance, de poursuivre la rationalisation des dépenses, de parfaire la mobilisation des énergies et des potentialités nationales et de les exploiter à bon escient afin d’accélérer le rythme de croissance et d’emploi, et d’atteindre les objectifs escomptés.
Le 49ème rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie note, dans ce contexte, que le ralentissement de l’activité économique dans les pays développés a subi les retombées de l’envolée des cours des produits de base, surtout l’énergie, et de la crise américaine des crédits immobiliers à hauts risques, Ce ralentissement s’est traduit par un recul du taux de croissance de ce groupe de pays qui a atteint 2,7% en 2007 contre 3% l’année précédente. En revanche, les pays émergents et ceux en développement, sous l’impulsion essentiellement de l’expansion rapide de la Chine et de l’Inde et grâce aux effets positifs du renchérissement des cours des produits de base pour les pays producteurs, ont continué, globalement, à connaître une croissance soutenue, soit 7,9% contre 7,8% en 2006.

Aux Etats-Unis, l’économie a ralenti en 2007, surtout au cours du dernier trimestre, en raison notamment de la crise sévère du secteur de l’immobilier. En outre, les investissements des entreprises ont enregistré une décélération du fait de l’affaiblissement de la demande. Dans la Zone Euro, la croissance économique a légèrement reculé en 2007, se situant à 2,6% contre 2,8% un an plus tôt. Cette évolution s’explique par le ralentissement des investissements, suite au resserrement des crédits octroyés par les banques qui ont été affectées par la hausse du coût de financement et la pénurie de liquidités. Il y a lieu d’ajouter, également, l’impact de la décélération du rythme des exportations en raison de l’appréciation de l’euro, notamment au cours du dernier trimestre. A l’inverse, la consommation des ménages a bien résisté, grâce à la baisse du chômage et à la hausse quoique modérée des salaires.
La flambée des prix du pétrole brut et des autres produits énergétiques, enregistrée sur le marché international depuis environ cinq années, s’est accentuée en 2007. A l’origine de cette évolution se trouvent, d’abord, des facteurs structurels, notamment une offre mondiale peu élastique face à une demande soutenue, surtout de la part de certains pays industrialisés, comme les Etats-Unis d’Amérique, et des pays émergents à l’instar de la Chine, de l’Inde et du Brésil, en plus du phénomène de spéculation sur les marchés et la persistance des tensions géopolitiques.
Pour leur part, les cours mondiaux de la majorité des produits alimentaires ont connu, en 2007, une hausse accélérée, à l’exception de quelques produits comme le sucre et l’huile d’olive. Cette évolution s’explique par l’accroissement de la demande, la baisse des niveaux des récoltes pour certains produits, l’extension de la production de biocarburants et l’amplification de la spéculation sur les marchés.

Aussi, l’indice d’ensemble des prix des produits de base, libellés en dollars, a-t-il poursuivi sa hausse à un rythme rapide, soit 11,8% contre 20,7% en 2006, même si l’accélération des cours des produits alimentaires (15,2% contre 10,5% un an plus tôt) a été atténuée par le ralentissement de ceux des métaux (17,4% contre 56,2%), surtout le cuivre et le zinc. Il en est résulté une hausse des coûts de production et du transport à l’échelle internationale, des pressions inflationnistes et une utilisation croissante de certains produits agricoles pour l’extraction de biocarburants, en particulier la canne à sucre, les céréales et les oléagineux. En outre, les stocks mondiaux desdits produits ont connu une contraction sensible, ce qui s’est traduit par une flambée sans précédent des prix des denrées alimentaires.
Cette situation, aggravée par une demande mondiale soutenue et par une augmentation insuffisante de la production agricole, sous l’effet des aléas climatiques et de l’impact des émissions de gaz à effet de serre, a engendré même un arrêt par un nombre de pays producteurs des exportations de denrées alimentaires comme le blé et le riz. En conséquence, la forte hausse des cours des produits alimentaires a eu un impact négatif sur le coût des importations et a provoqué des difficultés sévères dans le domaine de l’alimentation, surtout dans les pays pauvres. Ces effets se sont conjugués avec des tensions sur les prix, une détérioration de la balance commerciale pour les pays importateurs et un ralentissement du rythme de l’activité économique à partir du quatrième trimestre 2007, notamment dans les pays industrialisés.

La croissance économique mondiale assez soutenue, qui a été tirée, principalement, par les pays en développement et les pays émergents, conjuguée à de solides fondamentaux économiques dans ces pays et à l’abondance de liquidités à travers le monde, du moins avant les turbulences des marchés financiers, suite à la crise du secteur de l’immobilier aux Etats-Unis, s’est traduite en 2007 par la réduction du recours à l’aide financière des organismes internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), ainsi que par le remboursement par certains pays de leurs emprunts par anticipation.
Dans ce contexte, l’encours des crédits du FMI accordés aux pays émergents s’est nettement contracté revenant à 11,2 milliards de dollars à la fin de l’exercice 2007 contre 28,2 milliards en 2006, suite à la poursuite des remboursements anticipés et à la faiblesse des nouveaux décaissements (3,5 milliards de dollars, essentiellement pour la Turquie).
De nouveau en 2007, les performances des économies des pays émergents, principalement celles des pays asiatiques, ont déjoué la plupart des prévisions. La croissance du PIB s’est révélée plus forte que prévu dans quasiment tous les pays et ce, grâce à la vigueur de la demande intérieure et au dynamisme du commerce extérieur. Ces performances ont favorisé l’appréciation de la plupart des devises de ces pays qui ont atteint, pour certaines d’entre-elles, des niveaux records.
En dépit de la dégradation de la conjoncture mondiale, principalement, sous l’effet de la crise « subprime », les pays asiatiques ont continué à réaliser des performances économiques à la faveur, notamment, du dynamisme des économies chinoise et indienne.
En Tunisie, la croissance économique s’est confortée, suite notamment à l’accroissement des investissements et de la production dans le secteur énergétique, surtout avec l’entrée en exploitation de nouveaux gisements pétroliers, à l’accélération des exportations et au bon comportement des flux d’investissements directs étrangers.

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