Le gouvernement français vient de répondre aux appels à l’aide de la filière automobile sinistrée par la crise en promettant, mardi 20 janvier 2009, cinq à six milliards d’euros pour aider les constructeurs automobiles français, Renault et PSA (Peugeot et Citroën) indique l’AFP. Le gouvernement exige en retour des « contreparties ». Un plan de soutien détaillé à la filière automobile sera annoncé au début du mois de février, au plus tard. Ces montants serviront à couvrir les « besoins de trésorerie à court terme » des constructeurs.
Concernant les contreparties, il s’agit notamment d’interdire toute fermeture d’usine en France -tout en reconnaissant une surproduction de 20% en Europe- et de supprimer les bonus et les dividendes pour les dirigeants et les actionnaires.
Que l’Etat demande des contreparties, « c’est tout à fait naturel », a réagi le PDG de Renault Carlos Ghosn, répétant que Renault était « déterminé à maintenir ses actifs en France ».
M. Ghosn, qui est aussi président de l’Association des constructeurs européens de l’automobile (ACEA), a aussi souligné que « c’est bien la survie d’un certain nombre de constructeurs, de fournisseurs et de distributeurs qui est en jeu dans les mois à venir ».
Ces mesures vont non seulement avoir un impact positif sur les constructeurs français, mais elles en auront également sur les centaines de fabricants tunisiens de composantes automobile. En raison du ralentissement de l’activité en Europe, ce secteur vit, depuis le mois de novembre, une véritable crise (cliquer ici pour voir notre article à ce sujet) et cette situation a été confirmée par le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, lors de sa dernière conférence de presse.
Le fait que l’activité retrouve une dynamique en France, cela aura une conséquence immédiate en Tunisie pour le secteur qui emploie plusieurs dizaines de milliers de personnes. PSA et Renault s’approvisionnent, en effet, en grandes quantités dans les usines tunisiennes de fabrication de composants automobiles dont certaines ont été créées en joint-venture avec des firmes françaises. Tout ralentissement d’activité, ou l’inverse, a donc un impact direct sur les activités et l’emploi dans ces entreprises. Il en est de même pour les constructeurs allemands et italiens.
A rappeler que l’ACEA prévoit une baisse supplémentaire de la production automobile européenne de 15% en 2009 par rapport à 2008 et une réduction de 15 à 20% de la main d’œuvre, soit 150.000 à 200.000 emplois en moins.
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Mis à jour le: 20 janvier, 15:55
20 janvier 2009, 15h55
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