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Tunisie : nos ressources humaines s’exportent-elles bien ?

Plus d’une centaine de compétences tunisiennes ont déserté leur lieu de travail dans le secteur des hydrocarbures pour rejoindre des postes mieux rémunérés sous d’autres cieux. Cette révélation a été faite lors de la table ronde organisée vendredi 20 février par le « Forum international de Réalités » et traitant du secteur pétrolier et gazier en Tunisie. Il est certain que les multinationales et les « Majors » du pétrole sont plus attractifs et ont plus de moyens pour recruter au prix fort.

La Tunisie a développé dès l’aube de l’indépendance une politique axée essentiellement sur l’enseignement et la formation. Elle dépense beaucoup d’argent – régulièrement le tiers du budget national – pour l’éducation et la préparation de milliers de jeunes, dans différents domaines, au marché du travail.
Elle paye enfin de compte pour que d’autres profitent de tant d’années de sacrifices. Est-elle en droit d’engranger des profits de sa stratégie de formation professionnelle ? Serait-on tenté de dire : tant mieux si les compétences tunisiennes s’exportent bien ? Le temps est-il venu de faire de la Tunisie une pépinière de compétences qui rayonnent dans le monde ?


Un ingénieur en hydrocarbures doit effectuer des études complémentaires et des stages spécialisés d’une durée de dix-huit mois au moins pour être apte à remplir la tâche pour laquelle il est recruté. Une fois le stage de perfectionnement à l’étranger effectué, le jeune est happé par la machine infernale des multinationales dont les arguments matériels sont très solides et très alléchants. Voilà une niche que les pouvoirs publics pourraient renforcer en orientant les jeunes vers les études en géosciences et dans le domaine du forage.

Les efforts fournis par le gouvernement en matière de formation continue et les différents encouragements et incitations qu’il consent au profit des entreprises économiques favorisent cette tendance. L’objectif est d’amener les hommes d’affaires, les jeunes dirigeants d’entreprises, les cadres, les opérateurs des secteurs public et privé, les promoteurs et tous les décideurs économiques à réfléchir ensemble au développement du potentiel humain, seule condition pour l’amélioration de la production et de la productivité.

La Tunisie est confrontée à un problème de chômage de diplômés de l’enseignement supérieur, ce qui pourrait être considéré comme étant le tribut de la démocratisation de l’enseignement. Les programmes établis par les pouvoirs publics ciblent 16 mille demandeurs diplômés du supérieur dont la durée d’attente d’un travail a été relativement longue. Ces programmes seront mis en œuvre en partenariat avec des établissements économiques et le tissu associatif avec l’objectif de mettre à niveaux ces demandeurs d’emploi de longue durée, de les former et de faciliter leur recrutement.
La loi sur l’enseignement supérieur qui a institué le système « L.M.D. » dans l’objectif de hisser les établissements d’enseignement supérieur au niveau des normes internationales, d’améliorer la qualité de leur enseignement et de faciliter l’équivalence entre les diplômes nationaux et les diplômes étrangers.
Il s’agit, également, de la promulgation de loi sur la formation professionnelle qui a favorisé la complémentarité entre ce secteur et celui de l’éducation et de l’enseignement supérieur, à travers, notamment, la création d’un baccalauréat professionnel.
Dans le souci de renforcer les mécanismes de promotion de l’emploi et d’accélérer le rythme de création d’emploi, une consultation nationale été organisée, sur instructions du Chef de l’Etat, en février 2008. Cette consultation a englobé l’ensemble des composantes de la société civile, à l’échelle locale et régionale, et a enregistré la participation de toutes les forces vives de la nation, partis politiques, organisations, experts et professionnels, ce qui confirme le consensus national établi entre les

La Tunisie dont le rayonnement a été acquis au prix de gigantesques efforts, autant de sacrifices et un investissement soutenu dans ses ressources humaines, est en mesure de prêter main forte aux autres pays africains. Les multiples interventions de la STEG, qui exporte l’expérience et le know-how tunisiens au-delà des frontières nationales, le prouvent au quotidien. Il est peut-être utile de rappeler que plusieurs centaines d’experts tunisiens en électricité et gaz travaillent actuellement en tant que coopérants dans des pays africains et dans le monde arabe.

L’action entreprise par la compagnie aérienne nationale, TUNISAIR, de desservir davantage de capitales vaincra sûrement les difficultés dues à l’éloignement et facilitera la circulation, rapprochera les distances et contribuera à la fluidité de la nécessaire communication entre les différentes régions d’Afrique. On rappellera, à propos de la compagnie aérienne nationale, son important investissement dans une filiale en Mauritanie, la compagnie Mauritanya Airways. Idem pour l’opérateur téléphonique Tunisie Telecom, qui a créé, en Mauritanie toujours, un opérateur GSM, Mattel.

De par l’infrastructure de formation qu’elle a installée dans les quatre coins du pays et dans les diverses disciplines, la Tunisie est en mesure d’alimenter les pays qui le demandent en compétences avérées. Le rayonnement dont bénéficient les travailleurs tunisiens à l’étranger, la réputation qu’ils se sont forgés dans les pays d’accueil grâce à leur sérieux, leur expérience et la maîtrise de leurs domaines d’intérêt – les témoignages laudatifs des pays hôtes le prouvent à souhait – accordent beaucoup de crédit à la vocation de réservoir d’experts en tous genres que la Tunisie est en droit de revendiquer. En adaptant davantage le système de la formation aux besoins des activités productives et en visant les niches à haute valeur ajoutée, comme les hydrocarbures par exemple, le profit n’en sera que plus important.
Il convient de ne pas perdre de vue non plus que les chantiers ouverts par les mégaprojets et qui vont employer plusieurs bras tunisiens mettront, une fois achevés, sur le marché de travail des spécialistes rodés dans les secteurs du bâtiments, de la mécanique, de l’électricité et de la haute technologie et que convoiteront d’autres pays en construction.

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