Par Nizar BAHLOUL
Deux grands événements ont marqué l’actualité en Tunisie la semaine dernière. L’inauguration, par le président de la République, du Port Financier de Tunis et le classement de la Tunisie à la tête des pays africains en termes de compétitivité.
La première information a tout de suite fait la une des journaux. La seconde a mis du temps pour être publiée chez les confrères : trois jours.
Pourtant, elle a bien figuré dans les colonnes de Business News le jour même de la publication du rapport, soit jeudi 11 juin 2009, en fin d’après-midi (cliquer ici pour lire l’article). Pourquoi tant de retard et d’hésitation pour annoncer que la Tunisie est première ? Mystère !
Le tube du mythique groupe de rock, Queen, We are the champions, est indémodable. On ne se lasse jamais de l’écouter. Et, aujourd’hui plus que tout autre jour, il devrait être entonné partout. Oui, nous sommes les champions en termes de compétitivité. Oui, nous sommes les meilleurs.
N’ayons ni peur, ni honte de le dire, nous sommes les champions. Si les Tunisiens et les médias tunisiens ne le crient pas sur tous les toits, qui va le faire ? Les Français peut-être ?
Chaque fois qu’il y a, en Tunisie, une petite anguille sous roche, nos « frères » et « amis » s’empressent de la publier et de la mettre en exergue. Mais chaque fois qu’il y a quelque chose qui rehausse le pays, son économie, sa politique et ses citoyens, on ne lit plus rien !
Oui, nous sommes les champions. Oui, nous sommes meilleurs que les Marocains, les Sud-Africains, les Egyptiens, les Algériens.
Oui, l’économie tunisienne est la plus diversifiée et la plus proche des marchés européens.
Oui, la Tunisie est caractérisée par une transparence au niveau de la prise de décision publique et des politiques entreprises.
Oui, la Tunisie a un niveau bas de corruption et un haut niveau de confiance envers le gouvernement.
Oui, les institutions tunisiennes sont notées favorablement depuis un certain nombre d’années.
Oui, ces institutions représentent l’un des atouts majeurs en termes de compétitivité.
C’est le rapport de la Banque Africaine de Développement qui le dit haut et fort. Qui osera le contredire ? Qui osera le remettre en question ?
Que ceux que tout cela agace se taisent. C’est leur droit. Mais que tous ceux que cela n’agace pas le crient sur tous les toits.
Pourquoi crie-t-on sa joie et klaxonne-t-on toute la nuit lorsque onze footballeurs gagnent un tournoi ou un championnat et se tait-on lorsque tout le pays se classe premier ?
Cette victoire est celle de tous les Tunisiens. Pour la remporter, il a fallu que tous les Tunisiens travaillent ensemble pendant des années et non pas uniquement quelques footballeurs !
Pour que l’on soit premiers en termes de compétitivité, il a fallu que chaque Tunisien, dans son domaine d’activité, aussi petit soit-il, présente une bonne qualité de produit, une bonne qualité de service, un bon prix.
Que l’on soit encore insatisfait de nos prestations, c’est tout à fait normal et naturel. Nous sommes un peuple qui aspire toujours à mieux. Au meilleur. Mais cela ne doit pas nous empêcher, non plus, de dire que nous sommes les premiers, lorsque ceci est vrai. Lorsque ceci est attesté par des institutions internationales.
Dire et crier sur tous les toits que nous sommes premiers, c’est tout simplement attirer l’attention des investisseurs de par le monde sur cette petite Tunisie, sans ressources naturelles et sans pétrole.
Lorsque l’attention d’un investisseur, quelle que soit son activité, est attirée, c’est l’assurance de la création de nouveaux emplois, de nouvelles perspectives, de nouvelles ressources.
Ce n’est nullement un hasard si les investisseurs arabes ont changé de cap et lorgnent maintenant vers la Tunisie. Ce n’est nullement un hasard si GFH a procédé, en pleine crise, à l’inauguration de son mégaprojet. Ce n’est nullement un hasard si le Hilton essaie de revenir au pays après l’avoir quitté ! Ce n’est nullement un hasard si France Telecom tient absolument à investir en Tunisie.
L’argent attire l’argent. Les champions attirent les champions. Crions-le ! Ce ne sont certainement pas les autres qui vont le faire à notre place ! On n’est jamais mieux servi que par soi-même !
We are the champions
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