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Émigration des compétences tunisiennes : les projets inachevés de l’ATCT

L’Agence tunisienne de coopération technique fournit des services qui visent à offrir l’opportunité aux experts et compétences tunisiens de travailler à l’étranger et auprès des institutions internationales avec le souci d’assurer la meilleure adéquation entre les spécialités disponibles et les demandes de recrutement exprimées. La définition attribuée à l’Agence par la Cour des Comptes laisse supposer une inadéquation entre la tâche impartie à cette institution, le rayonnement dont elle devrait bénéficier en Tunisie et à l’échelle internationale, les prérogatives données à d’autres institutions publiques de traiter directement des dossiers de coopération technique, le flou du cadre juridique… D’ailleurs, Les travaux de contrôle de la Cour ont permis de mettre l’accent sur la confusion des attributions des uns et des autres. Ces disfonctionnements ont été confirmés par l’Agence. Le rapport relève également des insuffisances se rapportant à la contribution de l’Agence à l’élaboration et à la promotion de la politique de coopération technique ainsi qu’au recrutement des compétences.

L’Agence Tunisienne de Coopération Technique fêtera son 40ème anniversaire en 2012. Sa mission consiste à participer à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la politique de coopération technique élaborée par la Tunisie. Elle est chargée de la promotion des services offerts dans ce domaine par l’établissement d’un inventaire permanent des ressources disponibles et par la prospection des possibilités de recrutement à l’étranger.
La création en 1998 d’un Conseil national de la coopération technique, chargé de certaines missions relevant des attributions de l’Agence, laisse la porte ouverte au double emploi et à l’interférence des responsabilités. Le Conseil participe en effet à la détermination des choix nationaux relatifs à la coopération technique, propose les moyens nécessaires pour la mise en oeuvre et le suivi de son exécution ainsi que de toutes mesures utiles à la coordination et à la promotion de la coopération technique.De ce fait, recommande le rapport, il y aurait lieu de revoir le cadre juridique de la coopération technique dans le sens de la définition du rôle de chacune des parties intervenantes et de coordonner leur actions.

D’autres confusions sont relevées par le rapport. L’Agence se heurte à des difficultés de coordination dues à l’exécution, par les ministères et les entreprises publiques, de programmes de coopération technique, de façon directe.
La non définition précise de la notion de coopération technique a donné lieu à son extension à des domaines ne répondant pas aux conditions propres à celles-ci et a ouvert la voie aux émigrants n’entrant pas dans ce cadre et qui ont bénéficié des avantages liés à la position de détachement.
Dans la mesure où l’émigration relève d’autres organismes officiels spécialisés autres que l’Agence, il conviendrait de régulariser juridiquement cette situation, en précisant le rôle de l’Agence en matière de participation à l’élaboration de la politique de coopération technique.

D’autre part, note encore le rapport de la Cour des Comptes, certains bureaux de prestation de services ont pris des initiatives visant à intéresser les citoyens au travail à l’étranger. En raison de l’incidence de ce genre d’activité sur la mission de l’Agence, il est impératif d’envisager la mise en place d’un cadre juridique à même de déterminer le rôle de chaque intervenant et d’instaurer les contrôles nécessaires.
La réalisation d’une étude prospective a été recommandée par le conseil ministériel restreint du 27 juillet 2006. Elle a pour objet de cerner les besoins futurs du marché extérieur de l’emploi que l’Agence a inscrits dans son contrat d’objectifs au titre de la période 2007-2009. Cependant, jusqu’au mois de juin 2008, cette étude n’a pas connu de début de réalisation.

De même, l’Agence n’a pas réalisé, au titre de la même période, une étude visant à déterminer les profils disponibles sur le marché tunisien et répondant à la demande internationale.
L’Agence a entamé, depuis le début du Xème plan, la mise à jour de la « base des candidats à la coopération internationale » et a exigé des personnes intéressées de lui communiquer dorénavant des dossiers complets et actualisés. Il a, cependant, été constaté que 41% des dossiers ne sont pas encore mis à jour à la date du 28 mai 2008.

L’Agence a prévu dans son contrat d’objectifs, pour la période 2007-2009, de réaliser l’inventaire des compétences tunisiennes exerçant à l’étranger ou auprès de sociétés et organismes internationaux pour mettre à profit leurs compétences, leur expérience et leurs relations. Elle a prévu, par ailleurs, l’établissement d’une base de données incluant des informations concernant les cadres africains et arabes ayant bénéficié des sessions de formation et les étudiants étrangers poursuivant leurs études supérieures dans le cadre de la coopération technique en Tunisie. Une telle base permettrait d’instaurer des canaux de contact permanents qui renforceraient les relations de coopération avec leurs pays. Ces deux objectifs n’ont toujours pas été réalisés.
Quant au niveau moyen de recrutement annuel, il a atteint 1.635 personnes durant la période
2005-2007, y compris les candidats qui se sont procurés, par leurs propres moyens, un contrat de travail et ceux recrutés par l’intermédiaire d’un bureau privé et dont le nombre total a été de 2.174 coopérants, soit 45 % du total des recrutements.

Le nombre de postes d’emploi proposés à l’Agence durant la même période a atteint environ 5.147 postes pour lesquels ont postulé 13.936 candidats dont 2.052 ont été retenus. Il s’est avéré que le pourcentage des candidats ayant rejoint leur lieu d’affectation par rapport à ceux retenus a régressé de 83% en 2005 à 60% en 2007, ce qui appelle à une analyse approfondie des causes de cette baisse et à la recherche des solutions appropriées.
L’Agence a enregistré au cours de 2007 un fléchissement au niveau du « taux de satisfaction » des offres d’emploi qui lui sont proposées, concernant le recrutement des coopérants, experts ou non experts. Il apparaît nécessaire d’étudier les causes d’une telle situation en vue d’envisager les solutions susceptibles de favoriser les chances des candidats parmi les experts tunisiens face à la concurrence accrue que connaît le domaine de la coopération technique.

Par ailleurs, s’agissant des destinations, il est relevé que la région du Golfe accapare une part importante des recrutements qui a atteint 54% en 2007, ce qui nécessite plus de diversification et la prospection de nouvelles destinations.
La gestion des affaires des coopérants a été caractérisée, elle aussi, par certaines insuffisances dont notamment la non consignation dans les dossiers tenus à cet effet, de toutes les informations nécessaires devant permettre aux services administratifs concernés de suivre la situation des détachés, ce qui s’est répercuté négativement sur la situation des coopérants notamment les détachés auprès de l’Agence.

Si elle a confirmé les dysfonctionnements causés par l’interférence des rôles des différentes structures publiques, l’Agence a affirmé que la base de données relative aux compétences candidates à l’emploi à l’étranger et la plupart des documents concernés ont été mis à jour.
Il n’en demeure pas moins que le rôle de l’ATCT gagnerait à être clarifié pour que l’institution accomplisse convenablement la mission pour laquelle elle a été créée.

En plus d’un cadre juridique adéquat, une meilleure publicité et une information plus large sur les compétences individuelles et institutionnelles existantes sont à même de favoriser l’optimisation des possibilités d’emploi des ressources humaines tunisiennes sur le plan international. Il convient, comme le recommande le rapport de la Cour des Comptes, de garantir également les conditions de recrutement et de contractualisation meilleures pour les coopérants

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