Pourquoi les IDE dans les pays du Sud de la Méditerrané demeurent-ils faibles ? Il ne faut pas aller chercher ailleurs ce que l’on doit trouver en soi, en ce sens, que la clé de la réponse se trouve dans la qualité institutionnelle régissant les investissements domestiques et étrangers. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée pour le compte du Forum Euro-méditerranéen des Instituts de Sciences Économiques (Femise) par une panoplie de chercheurs de l’université Paris-XII, du Centre d’économie de Paris-Nord (CEPN), du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), du Centre de recherche en économie appliquée au développement (CREAD) à Alger et de la Faculté de sciences économiques et de gestion El Manar à Tunis.
L’étude, à paraître, s’est penchée sur le cas de l’Algérie et la Tunisie. L’Algérie, malgré sa rente pétrolière, reste pénalisée dans sa croissance par le retard pris par les réformes des institutions et son « climat des affaires « . A l’inverse, en Tunisie, pays caractérisé par « la stabilité politique et sociale, les performances économiques et l’amélioration de l’environnement des affaires », précise l’étude. En Tunisie, les IDE représentent 10 % des investissements productifs, génèrent le tiers des exportations et engendrent plus de 15% des emplois, précise-t-elle.
L’étude souligne, par ailleurs, que les investisseurs internationaux ont tendance à privilégier les territoires dans lesquels l’investissement local est déjà élevé. S’appuyant sur un modèle économétrique portant sur 68 PED (pays émergents et en développement), ils constatent que la dynamique de l’investissement intérieur exerce « un effet d’entraînement significatif et particulièrement robuste sur les IDE », au même titre que le risque pays et le stock d’IDE existant. Les investisseurs étrangers recherchent, en effet, le même environnement que celui qui a entraîné les investissements locaux, « celui qui offre des perspectives de croissance et de profit suffisantes ».
D’où l’idée de privilégier les politiques de stimulation de l’investissement intérieur qui reste relativement faible dans les pays du Sud de la Méditerranée. Les chercheurs expliquent cette situation par l’influence des facteurs institutionnels. Selon eux, une meilleure qualité institutionnelle engendre plus d’investissement domestique, de croissance et de stabilité économique, ajoute-elle.
« Pour résumer, un pays plus consensuel, ayant une meilleure gouvernance publique, faiblement corrompu, plus ouvert internationalement et ayant des institutions financières développées, sera, toutes choses égales par ailleurs, un pays avec un investissement national élevé », conclut l’étude.










