Une conférence de presse relative au lancement du projet Promochimica Tunisia a été organisée vendredi 11 février 2011 au siège de l’IM Bank.
Cette société aura pour objectif de produire en Tunisie des principes actifs (API en anglais) destinés à l’industrie pharmaceutique internationale, qui subit actuellement de profondes mutations.
Cette base de production flexible, dont le chantier sera entamé lundi prochain et qui entrera en production dans environ un an et demi, est le fruit d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs italiens opérant dans le secteur pharmaceutique et d’autres investisseurs maghrébins à savoir Lafico Tunisia, Unimed, ATD Sicar, Al Baraka Bank Tunisia et NAI Bank.
C’est la zone industrielle de Béjà qui abritera la société. Un emplacement stratégique puisque pas loin de l’institut de biotechnologie de Béjà. D’ailleurs, les investisseurs ont déjà signé un accord avec l’institut qui stipule l’orientation des études dans le sens des exigences de ce marché, afin de faciliter le recrutement des jeunes diplômés.
Ce projet, soutenu par le ministère de l’Industrie et encadré par des cabinets tunisiens, recrutera environ 90 salariés en première phase, chiffre qui pourra être triplé au bout de 5 ans. Ces salariés suivront des stages en Italie avant leur insertion au sein de la société.
Bien que les capitaux investis ne soient pas énormes (38,8 millions de dinars financés à 70% par des fonds propres et le reste par des crédits bancaires), ce projet constitue un modèle de partenariat Nord Sud compte tenu de son important niveau de transfert de technologie.
En effet, cette technologie, qui constitue l’un des principaux secteurs de l’économie italienne avec 11% du marché mondial et 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, est inexistante dans la région MENA. « Une opportunité qu’on a choisi de saisir » précise Giuseppe Calozzo, consultant désigné par le groupe d’investisseurs pour chapeauter le projet, et qui n’a pas manqué une occasion pour communiquer la confiance des investisseurs italiens en Tunisie. « Nous continuerons à investir en Tunisie. » ajoute t-il.
Margiotto Salvatore, directeur général de la société, s’est félicité du partenariat récemment signé avec le laboratoire tunisien Unimed, et qui permettra à la société d’avoir une ouverture sur le Maghreb.
Le directeur général a précisé que 70% de la matière première sera tunisienne même si les molécules produites seront essentiellement destinés à l’exportation.
A travers ce projet, l’Italie espère concurrencer la Chine notamment grâce à la baisse des coûts.
La société, qui a une capacité de production d’environ 40 produits différents, commencera par une liste de 14 principes actifs, pour ne pas déroger à son principe de non stockage des produits.
Notons que la Tunisie compte 704 entreprises italiennes employant 105 000 salariés, majoritairement appartenant au secteur du textile/habillement.
15 d’entre elles ont été touchées par des pillages lors des événements de janvier 2011, mais cela n’a motivé aucune délocalisation.










