Après la dérive sécuritaire enregistrée au lendemain du 14-Janvier, gare à la dérive économique. C’est en substance ce qu’a déclaré Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, mercredi 16 février 2011 au cours d’une conférence de presse.
Les premiers signaux alarmants sont là et les effets d’une dérive économique, si on n’arrête pas l’hémorragie dès maintenant, commenceront à se faire sentir dans les six mois.
Ces signaux négatifs se voient dans les difficultés que connait l’activité commerciale en général, dans l’arrêt total ou partiel du travail dans plusieurs entreprises, dans l’arrêt quasi-total du tourisme et de la réduction de nos exportations.
Nos réserves en devises sont actuellement de 12,2 milliards de dinars (139 jours d’importation) contre 13 milliards de dinars (147 jours) à la fin du mois de décembre.
Autre signal alarmant, la réduction de la notation souveraine en Tunisie.
De quoi s’interroger s’il faut encore d’autres signaux pour que les revendicateurs sociaux se rendent compte de la gravité de la situation qui attend la Tunisie…
Que faut-il pour que l’économie tunisienne se remette sur pieds ?
Que les entreprises travaillent normalement tout d’abord, répond le gouverneur de la BCT.
Il faudra donc qu’on arrête les grèves, qu’on évite les troubles sociaux et qu’on résolve les problèmes sécuritaires. M. Nabli ne remet aucunement la légitimité de ces grèves et souligne même l’urgence des revendications de quelques unes. Mais il souligne qu’il est dangereux d’observer toutes ces grèves simultanément et rappelle, dans la foulée, que certaines revendications sont totalement déraisonnables.
Le deuxième point à réaliser immédiatement est que nos entreprises retrouvent le chemin vers l’export.
Le troisième point qu’il faut réaliser, c’est préserver la compétitivité de nos entreprises. Or en augmentant les salaires et en réduisant la productivité, cette compétitivité ne peut être que fragilisée. Les marchés qui nous étaient destinés iront inévitablement vers le Maroc ou l’Europe de l’Est.
Mustapha Kamel Nabli appelle, pour finir, à la raison et à la responsabilité de tous les citoyens et ce pour sauver nos emplois et, surtout, en créer d’autres qui est l’objectif premier du gouvernement.










