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Liste des 110 : deux absents et plusieurs interrogations

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    Le Conseil des ministres a approuvé lors de sa réunion tenue, vendredi, un projet de décret-Loi portant saisie des avoirs et des biens mobiliers et immobiliers appartenant à 110 personnes parmi les anciens dirigeants, leurs parents et leurs associés.
    Après la publication de cette liste, force est de reconnaitre que les défaillances gouvernementales continuent en matière de communication.
    Selon les règles en la matière, la communication de cette liste aurait dû se faire devant des journalistes, à qui on aura donné les explications qui s’imposent, et ces derniers auraient obtenu les réponses aux multiples interrogations soulevées par cette liste.

    Le premier point qui saute aux yeux, est l’absence des noms de Zine El Abidine Ben Ali et de Leïla Trabelsi dans cette liste de 110 personnes. N’avaient-ils donc aucune propriété à saisir pour qu’ils se voient ainsi « blanchis » ?
    Le deuxième point est relatif à la présence de noms qui estiment ne pas devoir figurer dans cette liste. Ces personnes n’ont pas fui le pays, se sont présentées à la justice et à la commission chargée de lutter contre la corruption, et ont montré tous les documents plaidant en leur faveur.
    La Tunisie, telle que nous la voulons du moins, est une Tunisie juste et équitable. Et pour qu’elle soit juste et équitable, il faut que la justice fasse son travail et inculpe ces personnes. Ce n’est pas au gouvernement, de transition de surcroît, de jouer aux magistrats et de décider qu’untel est coupable et qu’untel est innocent. Surtout, ce n’est pas à ce gouvernement de décider de la sanction infligée, mais aux magistrats.

    Durant ces 23 dernières années, voire davantage, le régime de Ben Ali a créé des milliers de victimes et condamné de milliers d’innocents. La Révolution n’a pas à en créer d’autres. Condamner un seul innocent, après le 14-Janvier, est une condamnation de trop.
    Mais puisque le gouvernement a décidé de jouer tout seul aux juges, en se passant du corps de la magistrature, pourquoi n’est-il pas allé au bout de sa logique en intégrant, dans cette liste préliminaire, les noms de plusieurs anciens ministres et de plusieurs hauts responsables d’organismes divers (banques, syndicats, associations) dont la culpabilité ne ferait aucun doute ?
    Les documents attestant de la culpabilité de ces hauts responsables circulent sur Facebook et sur Internet et attisent la colère des citoyens.

    Vraisemblablement, la publication de la liste des 110 (le choix du timing n’est pas fortuit puisqu’il coïncide avec une grosse colère dans le pays contre ce gouvernement) est là pour calmer les esprits des Tunisiens. Or cette tactique de deux poids deux mesures et ce choix de faire le travail de la justice ne peut qu’attiser la colère.
    Pour les uns, le gouvernement ne peut être que soupçonné de jouer le jeu de certaines parties et certains organismes en s’abstenant d’inscrire leurs noms dans la liste préliminaire.
    Pour d’autres, le gouvernement lance un très mauvais signal puisqu’il agit en dehors de ses prérogatives, en dehors des lois et crée un climat d’injustice certain.

    Quoi qu’il en soit, on n’arrive pas à voir une cohérence dans la stratégie gouvernementale. Soit il accède à la pression de la rue et, dans ce cas, aurait pu publier une liste complète et présenter sa démission comme cette rue le lui demande.
    Soit il résiste à la pression et déclare publiquement (pour calmer les foules) que son rôle s’arrête à organiser des élections dans les plus brefs délais et n’a pas, dans ce cas, à condamner les personnes.

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