Plus de 10.000 personnes, en majorité des Egyptiens, ont fui samedi 26 février 2011 la Libye vers la Tunisie par le principal point de passage frontalier de Ras Jedir, a indiqué le Croissant-Rouge local qui parle d’une «crise humanitaire» et appelle à l’aide. «Plus de 10.000 personnes sont passées hier par Ras Jedir», a déclaré dimanche Mongi Slim le président du comité régional du Croissant-Rouge de Ben Guerdane à l’AFP.
Au total, plus de 40.000 personnes ont franchi ce poste-frontière en une semaine, dont plus de 15.000 Egyptiens. Le flux se poursuivait dimanche.
«C’est la crise humanitaire, les capacités d’accueil sont dépassées, les gens dorment dehors, je lance un appel pressant pour que tout le monde aide à résoudre ce problème. Le monde entier doit se mobiliser pour aider l’Egypte à rapatrier ses ressortissants», a ajouté M. Slim.
Ce chiffre est confirmé par la Protection civile qui annonce plus de 38.000 personnes, essentiellement des Tunisiens et des Egyptiens. Ainsi, le colonel Malek Mihoub de la protection civile tunisienne à Ras Jedir a indiqué, à cette même source, que depuis le début «18.000 Tunisiens, 15.000 Egyptiens, 2.500 Libyens, 2.500 Chinois, les autres étant d’autres nationalités» ont franchi la frontière.
Avec cet afflux important de réfugiés, on doit noter l’existence de plusieurs problèmes de logistique, malgré les efforts des différents intervenants.
En effet, selon la TAP, un camp de réfugiés relevant de l’armée nationale a été installé à sept kilomètres de la zone frontalière de Ras Jédir, en direction de la ville de Ben Guerdane et qui accueille tous les arrivants, réfugiés et se charge de contacter leurs ambassades en Tunisie pour organiser leur retour aux pays d’origine. Ainsi, des tentes d’une capacité d’accueil de 10 à 20 personnes chacune abritent les réfugiés qui reçoivent de la nourriture et de l’eau. D’autres tentes sont réservées aux familles.
Cependant, la capacité d’accueil du camp n’est que de 800 personnes.
Il est à noter que les différentes composantes de la société civile s’emploient, pour leur part, à aménager des lieux d’hébergement.
En outre, des prestations de soins sont fournies aux réfugiés dans l’hôpital militaire installé sur place et dans les tentes médicales où des médecins effectuent les consultations et les secours nécessaires. L’équipe médicale a effectué, vendredi 25 février, 150 interventions (cas d’hypoglycémie, de surmenage et de contusions) ainsi que deux actes chirurgicaux pour des cas d’infection cutanée.
Le camp a enregistré, depuis son installation, l’arrivée de 10.350 personnes dont la plupart sont des Egyptiens. Parmi les réfugiés figurent, aussi, des Indiens, des Maliens et des Chinois.
Notons que ce camp accueille un grand nombre de volontaires parmi les citoyens et les composantes de la société civile, venus soutenir les efforts déployés et faire don de médicaments et autres produits d’hygiène pour nourrissons.










