« La demande mondiale est favorable, il est temps de stopper les grèves et les sit-in et que les usines reprennent la production ». Mehdi Houas, sans se défaire de son optimisme légendaire, a appelé à une reprise de l’activité économique. Au cours d’une rencontre avec la presse, mercredi 13 avril 2011, le ministre du Commerce, du Tourisme et de l’Artisanat, a présenté un bilan de son action le long des trois mois passés et des défis qui l’attendent dans les prochains mois. Un bilan mitigé avec des résultats inégaux pour le commerce et le tourisme qui a souffert d’une accumulation d’incidents dus à la conjoncture nationale et internationale mais qui ne semble pas alarmer l’administration.
Le pouvoir d’achat n’a pas subi de baisse ce dernier trimestre. Les efforts de l’administration pour garantir un approvisionnement et une distribution suffisante, ainsi que pour soutenir les prix des produits de première nécessité ont porté leurs fruits. La Tunisie dispose de provisions suffisantes jusqu’au moi de juillet et l’approvisionnement pour le mois de Ramadan a déjà commencé.
Les exportations ont bénéficié d’une augmentation en valeur de 10% même si, en quantité, nous observons une régression de 6%. La conjoncture mondiale est favorable, le marché est demandeur et il faut impérativement reprendre la production, conclut M. Houas.
Le tourisme est, quant à lui, en pleine crise. Une baisse de 55% qui a coïncidé avec la basse saison mais le plan de relance pour sauver la haute saison qui débute avec les vacances de Pâques dans quelques semaines semble compliqué à mettre en place. Mehdi Houas invoque des circonstances atténuantes pour expliquer l’échec des mesures de relance. La vague d’immigrés à Lampedusa le 12 février, les sit-in de la Kasbah 1 et 2, les tensions en Libye et les réfugiés de Ras Jdir ont éclipsé toutes les campagnes de communication entreprises. Une conjoncture favorable est attendue pour lancer une nouvelle campagne de communication (déjà dans les boites). Des actions spécifiques au marché algérien et local seront, également, envisagés.
Les artisans et les petits commerces, qui ont subi des dégradations et des pertes estimées à 400 MD, bénéficieront de mesures et d’aides financières. La priorité est de soutenir les trésoreries et de sauver les emplois.
Le pays est dans une situation exceptionnelle qui exige des mesures exceptionnelles, conclut Mehdi Houas. La crise économique est indéniable mais la reprise va être spectaculaire, estime-t-il. Il suffira que la Tunisie, désormais pays de liberté et Etat de droit réussisse ses élections pour devenir l’égale des démocraties occidentales. Le pays ne s’enfonce pas, il progresse à vue d’œil ». Le ministère assume pleinement son rôle de médiateur pour permettre au dialogue social de faire avancer les choses et éviter la rupture. Le choix de dialoguer est résolument le choix de cette administration pour résoudre les problèmes structurels qui handicapent le commerce et le tourisme tunisiens. Les importateurs de voitures ont, ainsi, été associés à l’administration pour permettre la libéralisation du secteur en douceur et sans provoquer de cassure brutale.










