Le projet de loi électorale proposé par l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique bénéficie de la bénédiction du gouvernement sauf pour l’article 15 concernant l’inéligibilité des caciques et des cadres du RCD pour une période de 23 ans. Béji Caïd Essebsi, Premier ministre, est revenu, dans une conférence de presse tenue le 26 avril 2011, sur les réserves du gouvernement.
Une exclusion des anciens du RCD pour 23 ans pose plusieurs problématiques selon le Premier ministre. Tout d’abord sur une question de principe, une exclusion sans décision de justice rappelle les pratiques du régime déchu. « A trop camper sur ses positions on finira par éliminer tous les Tunisiens qui ont tous applaudi l’avènement du 7 novembre », a lâché le Premier ministre dans un humour pince-sans-rire qui lui est coutumier.
Béji Caïd Essebsi n’a pas omis d’avancer une contre-proposition. Une exclusion de 23 ans est tout bonnement absurde, estime-t-il, en proposant de ramener cette période à 10 ans. Un deuxième ajustement est, également, proposé concernant les anciens du RCD qui seront concernés par cette exclusion. Une liste sera établie par le gouvernement. Cette liste comportera, a priori, les conseillers et les proches collaborateurs de l’ancien président qui formaient le véritable gouvernement. Le gouvernement véritable était au palais de Carthage et non à la Kasbah, ajoute le chef du gouvernement.










