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Tunisie : Que faire pour garantir la date du 24 juillet ?

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    Trois évènements ont marqué la fin de la semaine dernière. D’abord, le refus jeudi de l’Instance supérieure de réalisation des objectifs de la révolution des amendements proposés à introduire par le Premier ministre sur la loi électorale. Ensuite, les évasions de prisonniers des prisons de Kasserine et de Gafsa en plus d’une tentative à Messaâdine. Enfin, la manifestation des barbus sur l’Avenue Habib Bourguiba à Tunis avec tout ce qui l’a accompagnée comme désordre.

    Ces événements ont fait que la situation à Dh’hiba sur les frontières libyennes est passée au second plan malgré son importance avec des incursions à répétition de troupes libyennes. Elle découle plutôt des complexités de ce qui se passe en Libye plutôt que d’un manque de vigilance de l’armée tunisienne. Le plus important réside, en effet, dans la lecture des développements intérieurs et leur impact sur les prochains rendez-vous politiques en Tunisie.

    Deux conclusions peuvent être retenues. D’une part, les Tunisiens ne sont pas encore parvenus à un consensus concernant la manière avec laquelle ils vont gérer l’avenir politique des ex-RCDistes. Et, d’autre part, la situation sécuritaire qui est en rapport étroit avec la réussite du processus en cours aussi bien sur le plan politique que social et économique.
    Concernant les RCDistes, la décision de l’Instance de Ben Achour de refuser les amendements de Caïd Essebsi sur la loi électorale dépasse le cadre de l’instance. Leur attachement à l’exclusion du processus électoral de la Constituante de tous les responsables de l’ex-parti au pouvoir, reflète un courant dans l’opinion publique, notamment, dans la bande Ouest qui a été à l’origine du 14 janvier. Cette tendance insiste sur le fait que cette exclusion est symbolique et traduit un désir de rompre avec la dictature en rejetant ses symboles.

    Ceci n’empêche qu’il y a une autre tendance dans la population qui considère que, d’une part, l’exclusion de tous les responsables RCDistes durant les 23 dernières années, c’est trop et le geste ressemble plutôt à un déracinement, nocif pour l’harmonie sociale chère à la nouvelle Tunisie démocratique. D’autre part, plusieurs pensent qu’aucune instance autre que la justice n’est en mesure d’exclure quiconque des élections.
    Ils rappellent que l’Allemagne réunie n’a pas dissout l’ex-parti au pouvoir au RDA, ni interdit ses ex d’élections, autres que ceux qui ont été condamnés par la justice. Ils demandent de suivre l’exemple allemand.
    Ces divergences montrent que l’on n’est pas encore en phase de consensus politique, nécessaire pour la réussite du processus électoral de la Constituante du 24 juillet prochain et ce n’est pas l’unique donnée qui manque.
    La sécurité n’est pas, elle non plus, au beau fixe. Tout le monde se rappelle que la Tunisie a vécu des évasions de prison en parallèle avec la révolution du 14 janvier et que les autorités continuent à ramener en prison le reste des quelque 11.000 prisonniers en cavale. Le nombre de fuyards de Gafsa et Kasserine ne dépasse certes pas les 1200 mais traduit toutefois un état précaire de sécurité qu’il est impératif de renforcer.
    Il serait inapproprié de ne pas inclure la manifestation des barbus dans la lecture des données de la scène politique car ils traduisent l’expression des éléments perturbateurs refusant le processus de transition démocratique. Ces éléments sont contre les élections du 24 juillet et, comme aujourd’hui, vont chercher à contrecarrer ce processus. Il faudrait penser à garantir que le climat de stabilité précaire ne les encourage pas à saboter activement les élections comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant avec la reprise de la vie normale.
    A cela viennent s’ajouter d’autres faits ayant marqué la scène nationale, notamment, du côté de la magistrature.
    En effet, un bras de fer semble être engagé entre, d’une part l’Association des magistrats tunisiens, et le gouvernement transitoire, le ministère de la Justice, une frange des autres juges et, même, l’armée et la police.
    A coups de communiqués et grâce à des passages fréquents du président de l’AMT, Ahmed Rahmouni, à travers les médias écrits et audiovisuels, l’Association est en train de prendre un poids politique que certains estimes démesuré, voire incompatible avec le statut des magistrats. Sans oublier que l’AMT ne semble pas donner une suite favorable à la demande du ministère prônant l’organisation, dans les meilleurs délais, d’un congrès extraordinaires pour l’élection d’un nouveau bureau de l’AMT qui voit, d’ailleurs, d’un mauvais œil la création d’un syndicat des magistrats.

    Une telle lecture paraît sûrement prudente mais elle traduit des risques réels que la Tunisie ne saurait courir pour les élections de la Constituante du 24 juillet. Beaucoup de travail reste à faire pour aplanir les difficultés et tous les Tunisiens sont appelés à y contribuer pour l’édification de cette nouvelle Tunisie démocratique.

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