Kamel Jendoubi a exposé, jeudi matin 26 mai 2011, aux partis politiques et, dans l’après-midi, aux journalistes, le calendrier des élections de la Constituante élaboré par l’Instance supérieure indépendante des élections.
Par ailleurs, l’Instance supérieure indépendante des élections transmettra très prochainement au Président de la République par intérim le calendrier de la tenue des élections de la Constituante qui propose la date du 16 octobre pour le scrutin.
Lequel calendrier propose de tenir le scrutin le 16 octobre prochain et énumère les différentes étapes de l’opération électorale qui incombent à l’instance en vertu du Décret-loi l’instituant.
Le président de l’Instance a insisté sur le fait qu’il n’y aura ‘aucune délégation des attributions’ pour veiller à ‘la transparence du processus électoral’. Par ailleurs, ‘il est quasiment impossible de tenir des élections le 24 juillet alors que les listes électorales n’ont pas été encore authentifiées et devraient l’être avant le 2 juin, selon les termes du Décret-loi des élections’, a-t-il affirmé.
Parmi les réserves présentées en rapport avec le rejet de la date du 24 juillet, Kamel Jendoubi a énuméré les difficultés rencontrées pour l’établissement des listes électorales en cas d’utilisation du fichier de la carte d’identité nationale. Il a précisé à ce sujet que ‘l’on ne peut se fier aux adresses existantes comportant plusieurs défaillances, faute de précisions très nécessaires lors de la répartition des électeurs sur les bureaux de vote, en plus du fait que près de deux millions de Tunisiens manquent sur les listes actuellement disponibles’. Il a ajouté que ‘les Tunisiens de l’étranger ont leurs adresses en Tunisie sur les cartes d’identité alors qu’ils vont voter à l’étranger. Que faire ?’.
Suite à ces considérations et à d’autres, plutôt légales, l’Instance a conclu en matière d’inscription sur les listes électorales à la nécessité de procéder à l’option d’enregistrement facultatif auprès des bureaux ouverts à cet effet. Les listes seraient alors conformes à l’état des lieux et serviraient pour tout le reste de l’opération électorale. ‘Une telle opération est très précieuse mais nécessite 30 jours’, a précisé M. Jendoubi.
En réponse à une question sur l’éventuel antagonisme avec le gouvernement suite à la publication d’un Décret-loi appelant aux élections pour le 24 juillet, le président de l’Instance indépendante des élections n’y a pas vu une problématique insurmontable et a souligné que ‘nous allons soumettre au président par intérim notre calendrier des élections’.
‘Le Décret-loi appelant aux élections est l’un des cinq décrets constituant le cadre légal des élections et fait partie de ce calendrier’, a-t-il ajouté. Il a insisté sur le devoir de respecter les procédures légales en entamant l’opération électorale. Les autres décrets concernent ‘l’accréditation des circonscriptions, la liste des inéligibles, les Tunisiens à l’étranger et le financement de la campagne électorale’. Celui de l’appel des électeurs vient en deuxième position selon le calendrier présenté par Kamel Jendoubi.
A une autre question concernant le consensus politique qui a marqué jusque là le processus de transition en Tunisie, et l’éventualité d’entraves à ce consensus des suites de ce différend sur la date, Kamel Jendoubi a minimisé la question et attiré l’attention de l’opinion publique sur le fait que ‘ce consensus concernait au départ (en mars) des élections présidentielles’ et que ‘la préparation des élections d’une Constituante est beaucoup plus complexe et doit s’entourer de toutes les garanties de réussite’.
Il a rappelé que l’opération électorale est très complexe et comporte plusieurs phases dont les principales sont l’enregistrement, le dépôt des candidatures, l’accréditation d’observateurs et de délégués, le vote, le dépouillement, les résultats, les Tunisiens à l’étranger, les litiges, etc.
Kamel Jendoubi n’a pas manqué de nier tous propos lui ayant été attribués avant la conférence. ‘Je n’ai fait aucune déclaration à part celle à la télé, à la TAP et mes propos pendant les deux conférences de presse’, a-t-il insisté.










