Par Houcine BEN ACHOUR
L’annonce n’a fait l’objet d’aucun commentaire. Pourtant, elle est d’une importance gravissime. « Le taux de la pauvreté en Tunisie s’élève actuellement à 24,7%. Ce taux a été établi selon les standards internationaux qui fixent le seuil de la pauvreté à 2 dollars par jour par tête d’habitant. », a indiqué le ministre des Affaires sociales lors d’une rencontre avec les membres de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, la réforme politique et la transition démocratique.
Une telle affirmation n’est pas seulement inédite, elle est grave dans ses conséquences politiques. Car, elle met en doute la compétence et le savoir-faire d’un certain nombre de personnes qui ont, soit un portefeuille ministériel soit celui de ministre conseiller. Et de ce point de vue, il est logique sinon impératif de les sanctionner car ils ont leurré l’opinion publique attestant que le taux de pauvreté dépassait à peine 4% de la population.
A ce niveau, on est en droit de mettre en cause, d’accuser et de demander des comptes à ceux qui en ont été les auteurs et la source. A commencer par les plus hauts responsables : le ministre du Développement économique de l’époque, Mohamed Nouri Jouini, actuel conseiller de Béji Caïd Essebsi, le secrétaire d’Etat à la Coopération économique de l’époque, Abdelhamid Triki, actuellement ministre de la Planification, qui fut directeur général des prévisions au sein du même ministère ; et enfin le directeur général de l’Institut national des statistiques (INS). Tout ce beau monde devra rendre des comptes.
Mohamed Ennaceur, ministre des Affaires sociales s’imaginait-il que ses propos, rapportés par la TAP, allaient être saisis au bond ? Ils le sont. Mais à contre rebours. Ainsi, des membres de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, la réforme politique et la transition démocratique – son intitulé tient du paragraphe journalistique – n’ont rien trouvé de mieux, par ignorance manifeste, que de se focaliser sur des sujets, certes importants, mais qui les éloignent de l’essentiel. Ils ont soulevé le fait que « plusieurs familles n’ont pas encore bénéficié des mesures décidées par le gouvernement provisoire, dont les allocations mensuelles et les bulletins de soins gratuits », oubliant l’essentiel, l’organisation de l’Etat et de ses rouages, cela même dont ils sont sensés être.
Voila qu’à la place, ils se font les chantres d’un clientélisme étriqué. Qui désespère de leur bonne foi quant à la réalisation des objectifs de la Révolution et encore plus de la transition démocratique.










