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Chômage en Tunisie : un prélude à la régression économique

L’Institut arabe des chefs d’entreprise a réuni, lundi 6 juin 2011, un bon nombre d’hommes d’affaires et universitaires pour débattre d’un thème à la fois actuel et pesant, à savoir la corrélation entre l’entrepreneuriat, le développement régional et l’emploi.
Il s’agissait de la présentation des résultats et de l’analyse d’une étude élaborée en collaboration avec le Centre tunisien des études économiques, tâche assurée par Moncef Ben Slama, économiste et enseignant universitaire.

L’étude détaille, en premier lieu, les aspects relatifs aux déficiences régionales et le déficit d’entrepreneuriat qui s’y attache, pour esquisser, par la suite à grands traits, les contours d’une stratégie de rattrapage régional et proposer, finalement comme leviers d’action, des préconisations en termes d’entrepreneuriat régional.

En effet, cette étude s’attaque au problème social et économique le plus profond de la Tunisie, à savoir le chômage, notamment celui des régions intérieures.
Selon cette étude, sur l’ensemble des chômeurs de ces régions défavorisées (Gafsa, Le Kef, Kasserine…), près des deux tiers sont des jeunes de 15 à 29 ans, sans compter les jeunes inactifs de la tranche d’âge 30 – 35 ans, avec qui on pourrait atteindre les trois quarts des chômeurs.
De plus, le taux d’urbanisation de ces régions est assez faible : 40% pour le gouvernorat de Kasserine, 32% pour le gouvernorat de Kairouan et 25% pour le gouvernorat de Sidi Bouzid. Il s’agit donc de régions à dominante rurale, et d’habitat dispersé.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, selon cette étude, les facteurs limitatifs exercent un effet de freinage perceptible, à travers la faiblesse de l’encadrement et la pénurie relative d’ouvriers spécialisés pour des travaux sensibles comme la taille des arbres fruitiers, les labours ou les diverses opérations mécanisées.
Il y a aussi les conditions de travail et de rémunération de la main d’œuvre « peu attractives », pour ne pas dire répulsives ainsi que le sous investissement patent en moyens d’équipement et le défaut d’organisation des circuits de commercialisation des produits et d’approvisionnement en intrants.
Notons aussi que le tissu industriel est encore modeste, à faible densité technologique et, donc, à faible taux de valeur ajoutée.

Afin de lutter contre ce fléau, une stratégie de régulation régionale doit être mise en place, selon Moncef Ben Slama.
Cette politique, même si elle impose la contrainte d’une « moindre croissance globale » au profit d’une meilleure répartition spatiale de la croissance, elle aboutira à long terme, au moyen d’une répartition «équitable» des investissements d’infrastructure, à réduire progressivement les écarts « d’aptitude à la croissance » entre les régions, préparant le terrain pour une croissance économique soutenue, car plus diffuse et mieux entretenue.

Dans cette perspective, l’étude propose une stratégie de régulation régionale organisée autour de trois impératifs, à savoir :
– Améliorer les instruments de connaissance des données régionales
– Remédier au « déficit de gouvernance locale »
– Donner la priorité aux actions de structuration qui recouvrent des investissements d’infrastructure économique et sociale (éducation, santé, logement, transports et TIC), d’aménagement urbain et de sauvegarde des ressources naturelles.

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