Vendredi 15 juillet 2011 10h30. La place du gouvernement bouillonne. Extraordinaire déploiement policier avec des dizaines de bus et de paniers à salade remplis d’agents de l’ordre en tenues noires.
Des journalistes sont là devant les estafettes des policiers et puis… Et puis plus rien !
Les appels massifs d’un sit-in Kasbah 3 ne semblent pas encore avoir de répondant sur le terrain. Il y a beaucoup plus de policiers et de journalistes en ce vendredi matin que de citoyens. D’ailleurs, il y a beaucoup moins de citoyens qu’en période normale. La Kasbah 3 aura-t-elle fait pshiiit ? Il est encore tôt de le dire, mais le constat est là, il n’y a point de manifestation ou de grabuges à 10 heures à la Kasbah. Ni à 10h30, ni à 11 heures.
Il faudra peut-être attendre un peu pour voir les « révolutionnaires » arriver. Quand ?
Après la prière du vendredi ? Auquel cas cette Kasbah 3 aura une signification assez particulière. Entendez islamiste. Si Ennahdha n’a pas donné de signal clair pour que ses militants se déploient, d’autres partis proches d’Ennahdha, tel El Majd, l’ont fait via un communiqué de soutien. Mais peut-être que le parti de Ghannouchi attend voir le degré de mobilisation pour décider comment exploiter (ou ne pas exploiter) au mieux la situation.
A moins que la Kasbah 3 ne soit que l’œuvre de « militants facebookers ». Auquel cas, peut-être, il faudrait les attendre finir leur grasse matinée, aller faire un plongeon à la plage (ou à la piscine), rentrer déjeuner, observer une sieste puis se diriger vers la Place du gouvernement pour leur Kasbah 3 en fin d’après-midi quand la chaleur sera adoucie. Pourquoi pas après tout. Une manif à la Kasbah, ça change des balades au bord du lac ou de la corniche.
Trêve de plaisanterie, vendredi matin il n’y a rien à la Kasbah. Vendredi après-midi ? Nous y reviendrons.
En attendant, on rappelle à la majorité, parmi nos lecteurs qui travaillent au lieu de manifester, que la Kasbah 3 a pour slogan « Tous avec la révolution, la révolution est celle des jeunes et non celle des vieux ».
Elle porte sept (sic) revendications, à savoir : la recomposition de la Haute instance de Ben Achour, tout en excluant ceux appelant à la normalisation avec Israël ; la nécessité d’impliquer les jeunes ; le limogeage des ministres de la Justice et de l’Intérieur ; l’indépendance de la justice ; Jugement des assassins de martyrs et des symboles de la corruption ; l’application de l’amnistie générale et le maintien de la date des élections au 23 octobre.










