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Quel héritage vont laisser Jelloul Ayed et Kamel Nabli au prochain gouvernement ?

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    On ignore ce qui se passe dans les coulisses, et il se passe certainement des choses, mais il est évident qu’il va y avoir un nouveau gouvernement à partir de la semaine prochaine, au maximum celle d’après.
    Et il est quasi certain que ce futur gouvernement va faire face à une multitude de problèmes économiques, financiers et sociaux suite à une année de crise où la croissance a oscillé entre le 0 et le 1. Pour mieux évaluer la situation qui va prévaloir dans quelques mois, il est impératif que Jelloul Ayed, ministre des Finances, et Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, disent dès maintenant aux Tunisiens ce qu’ils ont réalisé durant ces derniers mois, ce qu’ils ont reçu comme promesses et ce qu’ils vont laisser au prochain gouvernement.
    Une transparence indispensable pour que l’on ne vienne pas nous dire, demain, l’ancien gouvernement ne nous a laissé que des caisses vides et des problèmes.

    Tout au long de ces derniers mois, la Tunisie a vu défiler un très grand nombre de personnalités étrangères. Et tout au long de ces derniers mois, on a reçu plein de promesses de dons, de subventions et de financements. Il y en avait tellement que l’on ne sait plus compter qui a donné quoi et à quel titre.
    Entre les effets d’annonce, les promesses sincères et les faits concrets, il y a une marge que seuls les technocrates du gouvernement connaissent.

    En temps normal, à l’heure actuelle, on devrait déjà plancher sur le budget de l’Etat 2012. Ce n’est pas le cas et nul ne peut contester ce retard.
    Seulement voilà, aussitôt élus, les membres de la Constituante vont devoir nommer un gouvernement chargé de piloter les rênes du pays durant les douze prochains mois. Et ce gouvernement va faire face à une réalité que tout père de famille et tout chef d’entreprise connaît : de combien dispose-t-il dans la caisse pour savoir quelle est sa marge de manœuvre en matière de dépenses.
    L’arrêt des bilans se fait habituellement à la fin de l’année administrative. Mais vu le contexte exceptionnel dans lequel vit la Tunisie, on devrait au moins communiquer sur la situation arrêtée au 23 octobre 2011 pour que les choses soient claires.
    Dès lors, une sortie publique des principaux protagonistes (et notamment le ministre des Finances et le gouverneur de la BCT) est impérative dès cette semaine.

    L’avant-dernier communiqué de la Banque Centrale de Tunisie, suite à la réunion de son conseil d’administration, a déjà fait part de sa préoccupation quant à la poursuite de la croissance négative engendrée par le recul de l’activité dans certains secteurs importants à l’instar des industries non manufacturières et des services et la baisse de l’investissement privé tant intérieur qu’étranger. Ceci a pour effet l’accentuation des pressions sur la balance des paiements et par conséquent la contraction des réserves en devises qui sont revenues à 11.067 MDT ou l’équivalent de 123 jours d’importation à fin août 2011 contre 147 jours au terme de 2010.
    Le même conseil a relevé le resserrement de la liquidité bancaire, ce qui a nécessité une intervention accrue de la Banque Centrale pour injecter 3.148 MDT contre 2.953 MDT en juillet. Cette intervention a permis, parallèlement à la réduction du taux directeur de la BCT, d’abaisser le taux moyen du marché monétaire à 3,76% contre 4,25% un mois auparavant.
    Le dernier communiqué, suite à la dernière réunion tenue le 29 septembre, le Conseil a enregistré l’apparition de signes positifs d’évolution de l’activité économique reflétés par l’atténuation du recul enregistré dans le secteur du tourisme et la reprise de l’activité de certains autres secteurs les plus touchés depuis le début de l’année et ce, outre l’amélioration progressive des échanges avec la Libye et l’évolution positive des indicateurs de la bourse.
    En clair, il y a une légère embellie. Où en sera-t-on exactement le 23 octobre ?

    Du côté des devises, la Tunisie n’a toujours pas réussi à trouver son niveau du 31 décembre 2010.
    A la date du 26 septembre 2011, la BCT enregistre 10.850 MDT de réserves ou l’équivalent de 120 jours d’importation. On en avait pour l’équivalent de 147 jours à la fin de l’année dernière ! Et encore, on doit s’estimer heureux car ces réserves ont baissé à 115 jours en mai 2011.
    Nous avons recensé les derniers chiffres communiqués et on sait que la trésorerie de l’Etat compte quelque deux milliards de dinars.
    Un véritable trésor de guerre qui va permettre au futur gouvernement de démarrer sur les chapeaux de roue s’il sait bien utiliser et investir ces deux milliards de dinars de trésorerie.
    Mais s’il cède aux pressions sociales et accorde des subventions et des augmentations à tout va, ce trésor laissé par l’équipe de Béji Caïd Essebsi risque de s’évaporer rapidement sans avoir servi à booster la croissance et à créer de l’emploi.
    D’ailleurs, il y a lieu de s’interroger pourquoi l’équipe du Premier ministre n’a pas investi une partie de ce trésor pour améliorer la croissance restée dramatiquement basse.
    Une sortie publique du gouverneur de la BCT et du ministre des Finances pour éclaircir ces points serait la bienvenue. A moins qu’ils n’aient des échos pour être reconduits dans le prochain gouvernement et estiment qu’il n’est pas nécessaire de communiquer quoi que ce soit aux Tunisiens à l’instant…

    A lire également :
    La Banque Centrale de Tunisie fait le point

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