Après Ennahdha, jeudi 3 novembre, et le PDP vendredi 4 novembre, c’est au tour du CPR et d’Ettakatol d’accueillir, jeudi 10 novembre, la délégation composée de représentants des directeurs de journaux, du syndicat des journalistes tunisiens, de l’Instance nationale de réforme de l’information et d’un représentant de l’UGTT.
Au CPR, la délégation était reçue par Moncef Marzouki et trois membres du bureau directeur du parti.
Comme cela a été le cas avec Ennahdha et le PDP, les représentants du monde médiatique ont demandé à M. Marzouki, deuxième force politique du pays après les dernières élections, d’inscrire dans la Constitution le Droit du Tunisien à une expression libre. Il faut qu’il y ait un texte clair, et sans ambiguïté aucune, défendant la liberté de la presse, la liberté de la création et la liberté d’opinion, ont appelé en chœur les représentants du monde médiatique. « Vous avez tout mon soutien, nous militons tous pour la même cause », a promis Moncef Marzouki rappelant qu’il a toujours défendu ces libertés et qu’il s’agit là de lignes rouges qui ne seront jamais franchies par quiconque.
La rencontre, qui a duré une heure, a été l’occasion d’aborder quelques autres sujets liés à l’historique noir que nul ne veut revoir, les réalités du secteur, les problèmes actuels rencontrés par les journalistes et les patrons de presse…
On a également abordé ce fanatisme rampant que l’on observe actuellement dans certaines institutions universitaires ou dans nos rues où l’on commence à instaurer de nouveaux interdits et de nouvelles règles fondamentalistes qui reflètent les premiers signes dangereux d’un obscurantisme contraire au modèle de société que la Tunisie a toujours eue.
Moncef Marzouki a affirmé ne pas être au courant de ces derniers incidents et a promis de prendre les mesures nécessaires pour réagir. Il souligne qu’il existe, incontestablement, une pourriture sociale contre laquelle il faut lutter.
Les représentants des médias sont allés ensuite au siège d’Ettakatol où ils ont été reçus par Mustapha Ben Jaâfar et trois membres de son parti.
A l’instar des autres partis, le leader d’Ettakatol a rappelé qu’il a toujours milité pour ces libertés et qu’il a longtemps souffert de leur violation.
Il est bien d’accord sur les problèmes posés par les bases de certains partis et leur interprétation des textes religieux. « Les élites de ces partis sont cependant sereines et œuvrent pour une Tunisie ouverte, tolérante et moderne. C’est leur discours et j’ai eu à le vérifier par le passé, puisqu’on a longtemps milité cote à cote. Après leur victoire, ils ont répété ce discours et on attend qu’ils joignent le geste à la parole. Nous allons tous ensemble constater cela. »
M. Ben Jaâfar demeure optimiste et confiant quant à l’avenir de cette Tunisie démocratique répétant son souhait de voir le mandat de la Constituante limité à un an.
Quant à son éventuelle participation au gouvernement ou à une quelconque coalition, il a soigneusement maintenu le suspense…










