L’heure est grave en Tunisie qui vit les moments les plus difficiles de son histoire avec les événements tragiques survenus dans le gouvernorat de Siliana, se trouvant dans le triste « Top 5 » des gouvernorats les plus défavorisés.
Alors que les Tunisiens croyaient que les temps de la répression étaient révolus, le gouvernement de la Troïka, au lieu de choisir le dialogue, est en train d’opter pour la manière forte et les méthodes plus que musclées, à chaque fois qu’il y a des manifestations ou des revendications sociales
Le même constat se répète chez la Troïka, plus particulièrement Ennahdha et le CPR, à savoir : le chef a toujours raison ! En effet, c’est toujours la fuite en avant basée sur les mêmes slogans. Le gouvernement est issu de l’Assemblée nationale constituante (ANC), sortie, elle-même, des urnes, jouissant, par conséquent, de la confiance du peuple.
L’argumentation est trop simpliste, car le peuple a choisi une Assemblée, principalement, pour écrire une Constitution et non point pour gouverner. Et c’est là l’erreur monumentale et essentielle : La phase d’après le 23 octobre 2011 est constitutive et non point une étape finale. Qui dit que le gouvernement actuel est le meilleur qui puisse répondre à la volonté et aux attentes du peuple ?
Qui dit que les membres au pouvoir actuel sont les meilleures ou, même, parmi les meilleures compétences du pays ? Surtout qu’ils ont été choisis pour des considérations partisanes, de « militantisme » et pour le nombre d’années passées en détention ou en exil doré sans oublier le souci de respecter l’équilibre de l’alliance contre-nature. Ceci fait que les nominations ne pouvaient être que subjectives. Rarement pour des critères de compétence.
Les résultats ne se sont pas fait attendre avec plein de ratés, de flops et de clivages socio-politico-économico-sécuritaires. Et tout en reconnaissant qu’ils sont en train d’apprendre, les membres de l’équipe gouvernementale n’ont jamais voulu avoué qu’ils ont commis des fautes, pour ne pas dire des bévues.
Pis encore, les mêmes membres du gouvernement, et à leur tête le ministre des Affaires étrangères, trouvent le moyen de clamer haut et fort, à maintes reprises, qu’ils font partie du meilleur gouvernement de toute l’histoire de la Tunisie. C’est l’entêtement et la fuite en avant du chef qui a toujours raison.
Pour ce même gouvernement, tout le monde doit se calmer pour le laisser travailler en paix. Tout le monde doit cesser ses critiques pour ne pas ternir l’image de marque de la « patrie ». Tous les médias ne doivent pas faire des reportages ou des analyses mettant en relief les bavures et autres événements négatifs, car cela va faire monter les tensions et va faire fuir les investisseurs.
C’est ce qu’on appelle verser de l’huile sur le feu aux yeux du gouvernement. Il s’agit là des termes, devenus des clichés que n’importe quel membre du gouvernement nous sort à tout bout de champs pour dénigrer les membres de l’opposition, de l’UGTT, cette centrale syndicale au passé patriotique incontestable, et surtout les médias, sans cesse attaqués.
D’ailleurs chaque fois qu’ils passent sur un plateau télévisé ou radiophonique, les membres de la Troïka ne cessent de se présenter comme étant les éternels délaissés chez les médias.
Mais ce qui est tristement remarquable est qu’ils parlent rarement de faits concrets. Ils viennent, généralement, aux débats avec des speeches préparés à l’avance qu’ils débitent en entier sur un ton agressif et intimidant pour le journaliste présentateur pour qu’il ne leur coupe pas la parole.
Il est vrai qu’il ne faut pas couper la parole à ses invités, mais lorsque cet invité refuse de réponde à toute question et se contente de « réciter sa leçon » dans le souci, selon sa vision des choses, de faire reluire son image et celle de son parti, il est clair qu’on est en droit de s’interroger sur l’utilité d’un tel passage sur antenne. Pour les auditeurs –téléspectateurs, bien entendu.
On les a vus, tout récemment, les Houcine Jaziri et Walid Bennani comment ils essayaient, en tant que « pouvoir » (solta), d’intimider Moez ben Gharbia et lui dire qu’il ne lui est pas permis de faire passer des reportages présentant des aspects négatifs des derniers événements à Siliana. Heureusement que le producteur de « 9 heures du soir » a eu le courage de leur tenir tête et de bien leur préciser qu’il était libre de passer ce qu’il veut, mais avec professionnalisme, et qu’ il représente, lui-même un pouvoir, le Quatrième, en l’occurrence.
L’autre élément de cette fuite en avant consiste en cette manie d’intimider les adversaires en leur lançant des accusations, souvent, sans preuves et ne s’appuyant sur aucun fait précis ou concret. Cela va dans le même ordre d’idées que la théorie de complot.
Des fois, on se contente de désigner de simples « parties » et d’autres fois, des « forces occultes », des contre-révolutionnaires et des symboles du passé. Des preuves ? Ce n’est pas important, on les présentera ultérieurement. Mais elles ne seront jamais connues. Ali Laârayedh, ministre de l’Intérieur, et Habib Ellouz, élu d’Ennahdha à la Constituante, sont allés plus loin en accusant nommément Chokri Belaïd d’être derrière les événements de Siliana.
Ceci nous rappelle la mauvaise gestion des dossiers sous l’ancien régime, comme quoi le pouvoir n’a jamais tort et que ce sont toujours les autres qui veulent « pêcher en eaux troubles ». Une approche qui ne paie jamais. Au contraire, c’est justement cette manière de gérer qui contribue à l’accentuation des tensions










