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Les élections législatives tunisiennes vues par les médias étrangers

Les élections législatives tunisiennes ont été au centre de la préoccupation des médias tunisiens mais également étrangers.

Ainsi, l’AFP annonce, ce lundi 27 octobre 2014, que «l’alliance laïque Nidaa Tounes a remporté plus de 80 sièges aux élections législatives organisées dimanche 26 octobre en Tunisie, contre 67 pour les islamistes modérés d’Ennahda, selon une source tierce se basant sur un décompte préliminaire… . Les autorités électorales doivent annoncer un décompte préliminaire des suffrages exprimés dans la matinée. Si ces résultats se confirment, ce sera un revers pour Ennahda, qui avait remporté davantage de sièges en 2011 lors de la première élection libre organisée depuis la chute de Zine ben Ali». Reuters annonce les mêmes résultants mais en citant une source proche de Nidaa Tounes sur la base d’un décompte préliminaire.
Les journalistes de l’AFP ont constaté que «dans les bureaux de vote, l’ambiance était néanmoins au beau fixe, les électeurs se félicitant les uns les autres après avoir glissé un bulletin dans l’urne et trempé leur index gauche dans de l’encre indélébile».
L’agence de presse souligne que «malgré les craintes de troubles, notamment d’attaques djihadistes, le vote s’est déroulé sans incident majeur».

Pour sa part, Le Figaro estime que ces «élections sont sans illusions» et que le pays «Berceau du printemps arabe a élu hier ses députés avec moins d’enthousiasme qu’il y a trois ans». Il a souligné qu’«aucun attentat n’a troublé le vote. Il faut dire que les autorités avaient mis le paquet pour éviter tout attentat. 80 000 policiers et militaires avaient été déployés pour sécuriser les axes routiers et les bureaux de vote».

Le Point a suivi quelques bureaux de la capitale. Il relate témoignages et mésaventures des uns et des autres. Certains électeurs ont indiqué qu’ils comptent renouveler leur confiance au parti islamiste : «Ils ont adopté la Constitution, voté des lois, et puis la Tunisie est un pays musulman, c’est logique qu’elle soit dirigée par les islamistes", plaide ce commerçant qui balaie d’un geste les questions sur leur bilan économique, leur reprochant d’être biaisées». D’autres, d’un avis contraire, ont voté contre. «Wafaa, directrice de crèche qui dit avoir vécu en France pendant dix-huit ans préférerait que la religion soit exclue de la politique. Elle n’a pas voté en 2011, ne trouvant pas son bonheur : "Chacun courait derrière les sièges." Mécontente du bilan des partis au pouvoir depuis 2011, elle vote aujourd’hui, mais reste sceptique : "En vérité, je pense qu’il n’y a pas une grande différence entre ces partis. J’ai conscience de choisir les meilleurs des pires… On ne sait pas où on va nager, mais le principal pour moi est de ne pas revenir en arrière». Le Point évoque aussi ceux qui n’ont pas trouvé leurs noms dans les listes : «Plusieurs personnes sont venues demander des explications, elles ne se sont pas retrouvées sur les listes. Ce monsieur, comme certain, a été étonné de recevoir un SMS lui confirmant son inscription avec un numéro, mais au bureau de vote, il a trouvé qu’une femme était inscrite à sa place. Une autre électrice est presque en pleurs». Le journal français parle aussi des observateurs qui n’ont pas reçu de badges et de leurs déboires.

Le Monde a fait, pour sa part, la tournée des bureaux de Tunis vers Bizerte qui avait voté massivement pour Ennahdha (Tunis, Utique, Ras Jebel, Bizerte). «Hamadi Kochbati, petit commerçant de la ville, qui vient de voter, se veut toutefois rassurant : « Les gens vont venir. C’est l’occasion de choisir de nouvelles personnes pour nous gouverner. » Lui avait voté pour les islamistes d’Ennahda en 2011 mais se dit aujourd’hui déçu». Il rapporte également le témoignage d’un autre électeur «"Quel que soit le parti qui gagne, on veut des gens capables de faire avancer le pays"». Lui aussi se dit déçu par Ennahda, son choix de 2011, et vient de voter pour Nidaa Tounes. "C’est le parti de Béji Caïd Essebsi, un ancien de l’époque Bourguiba, qui a de l’expérience". L’un de ses amis a, lui, redonné sa confiance à Ennahda».
Autre point souligné par le média, «Si l’enthousiasme et l’affluence ont incontestablement faibli par rapport à 2011, l’organisation du scrutin semble, elle, plus rigoureuse à de nombreux observateurs. Journaliste ou observateur, l’identité de toute personne entrant dans un centre de vote est scrupuleusement vérifiée».

C’est à Béja que le quotidien anglais The Gardian a suivi ces élections après avoir suivi le vote du chef du gouvernement Mehdi Jomâa.

Le journal algérien liberté constate que «Bien que l’ambiance fut “bon enfant”, l’affluence des électeurs, durant la matinée, n’était pas aussi importante qu’au cours des élections d’octobre 2011. Le scrutin (à la proportionnelle) d’hier avait une couleur et un sens particuliers, du fait qu’il s’agissait du premier scrutin libre et transparent, après celui de la Constituante d’octobre 2011».

Le journal londonien Asharq Al Awsat relève que le vote s’est déroulé «en toute sécurité» avec des prévisions tablant sur un taux de participation de 70%. Il a, aussi, relaté la mésaventure de Moncef Marzouki lors de son vote à Sousse.

RTS.info a évoqué les files d’attentes. «Malgré l’heure matinale, de longues queues de dizaines de personnes se sont formées dans les minutes précédent le début du scrutin devant plusieurs bureaux de vote de Tunis».

Le journal algérien L’Expression a parlé de la pluie qui s’est invitée au petit matin obligeant les électeurs à faire la queue sous leurs parapluies avant que le ciel ne devienne plus clément ainsi que des «dégage» assénés par les électeurs tunisiens à l’ambassadeur américain en Tunisie, Jacob Walles, venu en sa qualité d’observateur des élections au centre de vote Rue de Marseille, au centre-ville de Tunis. Il a, également, évoqué le retard de l’ouverture de certains bureaux de vote notamment celui de Jedelyen (gouvernorat de Kasserine) et les irrégularités constaté par les observateurs.

Le Parisien a enquêté du côté des Tunisiens de France et constaté qu’ils étaient partagés entre islamistes et proches de Ben Ali, l’ancien président déchu. Il a, également, rapporté les critiques de certains concernant «l’amateurisme» dans l’organisation du scrutin en France : «"on se retrouve avec des documents falsifiés, des doublons, ou des gens qui vivent en Ile-de-France sont inscrits sur des listes à Bordeaux, dans le sud de la Tunisie, voire même au Koweït", dénonce un observateur du scrutin».

I.N

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