Des appels au calme sont lancés de part et d’autre, mais les CPR continuent à enflammer leurs troupes de différentes manières. Ainsi le cas de Tarek Kahlaoui, membre de la campagne du candidat Moncef Marzouki qui commentait le déroulement du procès des recours au tribunal administratif de son candidat, ce vendredi 5 décembre 2014.
M. Kahlaoui n’était pas présent au procès, mais il relatait quand même les faits comme s’il y était. Et de citer le Commissaire d’Etat général en ces mots : « Le procureur général a admis qu’il y avait fraude de la part des sympathisants de Sebsi. Mais il a estimé que ces fraudes ne sont pas importantes vu qu’elles n’ont pas d’incidence sur le résultat final ».
Et M. Kahlaoui de commenter : « Quel message lance le procureur général de la République à la campagne de Sebsi au deuxième tour ? Fraudez, mais un minimum ? ».
Les faits rapportés par le membre de la campagne officielle de Moncef sont totalement erronés. Relevons également la confusion dans les intitulés des postes et des représentants officiels de l’Etat, alors qu’il est officiellement à la présidence de la République. La personne dont parle Tarek Kahlaoui n’est pas le procureur général (naïb), mais le Commissaire d’Etat général (mendoub). La différence entre les deux est énorme. Le procureur intervient au pénal au profit du ministère public. Il défend généralement les citoyens et charge les accusés. Quant au Commissaire d’Etat général, qui intervient dans l’administratif, sa priorité est de veiller à l’application stricte des lois. M. Kahlaoui ne semble pas faire la différence.
Vu que Business News était présent au procès, on sait exactement ce qu’a dit le Commissaire d’Etat général durant le procès. Il a admis qu’il y avait fraude et a même souligné que cela est sanctionné par le code électoral avec des peines de prison pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. Il a cependant précisé que cela fait partie des prérogatives des chambres pénales et non du tribunal administratif, lequel s’arrête seulement sur l’incidence de la fraude dans le scrutin. Et de relever que cette incidence n’est pas importante puisque le bureau en question a un nombre d’électeurs très limité et incomparable par rapport à la différence de voix entre les deux candidats.
La différence est très claire entre les propos du Commissaire d’Etat général et ceux rapportés par Tarek Kahlaoui qui laisse entendre que le « système » fraude au profit de Béji Caïd Essebsi.
On relèvera que des sympathisants de Moncef Marzouki, qu’on croise sur les murs des dirigeants du CPR, se préparent déjà à crier à la fraude le jour du scrutin et à mobiliser les foules pour un sit-in.











