Lotfi Zitoun, dirigeant au sein du parti Ennahdha et membre du Conseil de la choura a souligné, dans une interview accordée au journal « Arabi 21 », le 2 juin 2015, que son parti est déterminé à procéder à des révisions intégrales, y compris l’élection d’une nouvelle direction. Il a précisé que de tels changements sont nécessaires pour suivre la vague d’évolution que connait le pays depuis quelques années, affirmant que la Tunisie passe par une période délicate.
Dans cette interview Lotfi Zitoun, a admis que son parti a connu de profonds et houleux désaccords quand il a quitté le pouvoir mais que ceux-ci sont actuellement bien derrière. Il a affirmé que Ennahdha se dirige maintenant vers l’organisation de son assemblée générale, qui marquera le commencement de ces révisons et qui se terminerait par l’élection d’une nouvelle direction à la tête du parti.
Lotfi Zitoun n’a pas nié les rumeurs concernant les tentatives de division de son parti lorsque celui-ci était en plein dans la tempête à sa sortie du pouvoir. A la question « est-ce l’œuvre d’un pays étranger et notamment arabe ? », il a simplement répondu par « oui, le terrain était propice et on a tenté d’en profiter ». Le dirigeant au parti Ennahdha, a affirmé que pour le moment, son parti n’a pas l’intention de se présenter à la présidentielle et que le cas échéant il craindrait la reproduction du scénario égyptien. Des élections présidentielles, dans un pays ne disposant pas de vraies institutions et de la culture de la différence, peuvent mener à une dichotomie au sein du peuple et cette division, si elle s’installe et qu’elle est basée sur le régionalisme et les disparités sociales, peut aboutir à une guerre civile, a expliqué le dirigeant d’Ennahdha.
Quant au rendement du parti au sein du gouvernement, Lotfi Zitoun a qualifié de faible la participation d’Ennahdha surtout que le poids réel du parti est important. Il a précisé que son parti a été poussé vers l’opposition par le parti au pouvoir et des éléments extérieurs au pays. La situation fragile de la Tunisie lui a imposé d’apporter son soutien politique au gouvernement actuel. Le but étant de conserver les acquis en matière de démocratie et non de penser aux acquis du parti.










