Une séance d’audition du ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines concernant les ressources naturelles de l’Etat, s’est tenue lundi 8 mai 2015, sous l’initiative de la Commission de l’industrie, de l’énergie, des ressources naturelles et de l’environnement ainsi que la Commission de la réforme administrative, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et du contrôle de gestion des deniers publics.
Le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur a rappelé au début de la séance que l’article 11 de la Constitution dispose que le citoyen est propriétaire des ressources naturelles de l’Etat. Ameur Laârayedh a de son côté affirmé que cette réunion a lieu dans le cadre du contrôle et du rôle nationaliste de l’Assemblée, soulignant que les députés sont redevables envers le citoyen et qu’ils sont tenus par l’obligation de transparence.
Au cours de la réunion, Zakaria Hamad, ministre de l’Industrie a déclaré que si la campagne « Où est le pétrole ? » a pour simple but d’informer le citoyen quant aux ressources naturelles et mettre en œuvre le principe de « redevabilité » des autorités envers le citoyen, elle est légitime. En revanche, le ministre fait savoir que si cette campagne est menée dans le but de créer des tensions et de frapper l’économie nationale, elle est illégitime.
« Il faut comprendre que le gouvernement de Habib Essid suit une politique de la transparence la plus totale. Nous n’avons absolument rien à cacher. Par ailleurs, si vous estimez que c’est nécessaire de créer une commission de suivi des dossiers liés au pétrole et aux ressources naturelles, nous vous soutenons entièrement », assure M. Hamad.
Le ministre précise que les textes législatifs relatifs à l’exploitation des ressources naturelles en Tunisie sont appliqués. Il explique qu’il existe trois phases et autorisations liées à l’exploitation des ressources naturelles, prévues par le Code des hydrocarbures : la phase d’exploration, la phase de recherche et enfin la phase d’exploitation. Ainsi, on apprend que chaque phase nécessite une autorisation qui peut être renouvelée deux fois et que l’ETAP est concernée par toutes ces phases.
En ce qui concerne les zones exploitables en Tunisie, le ministre indique que la Tunisie est divisée en 5 zones selon l’éventualité d’y trouver des ressources naturelles. Toutefois, il a noté que les chances de trouver du pétrole ne dépassent pas les 10%, un taux extrêmement faible par rapport à celui des pays voisins producteurs de pétrole. Et de renchérir : « les puits de pétrole exploités et trouvés jusque-là, ils sont généralement très limités en quantité et qualité. En effet, mis à part les deux puits de pétrole de « Burma » et de « Achtart » dont on puise 42% de la production en pétrole en Tunisie depuis les années 60, les autres puits n’ont pas de potentiel d’exploitation aussi élevé ».
Selon Zakaria Hamad, Il y a actuellement, 38 autorisations d’exploitation effectives : 39% de la production nationale de pétrole vient de la concession des puits de pétrole de « Sadrabâal », « Burma » et de « Achtart » ; 64% de la production nationale de gaz vient de la concession des puits de » Sadrabâal » et « Meskar. D’autre part, le ministre a tiré la sonnette d’alarme quant à la diminution des investissements étrangers dans le secteur, rappelant la nécessité de solliciter les investissements étrangers. Il a fait savoir également que la production en pétrole a baissé durant la dernière décennie, mais qu’en termes de réserves disponibles, la Tunisie dispose de 131 millions de tonnes de pétrole brut et de gaz : « ce qui nous permet une éventuelle exploitation durant les 20 prochaines années », conclut-il.
Intervenant lors de la séance, la députée d’Attayar, Samia Abbou s’est adressée au ministre en ces termes : « S’il y a des dossiers de corruptions dont vous avez connaissance et dont vous ne nous parlez pas vous êtes considérés comme complices. Nous sommes entrain d’importer alors qu’on pourrait satisfaire nos besoins à partir de nos productions nationales ». La députée affirme que l’Etat a fait des prolongations illégales qui ont fait perdre énormément d’argent au pays et que « tout ça est à cause du lobbying existant au sein du ministère de l’Industrie sous le gouvernement de Mehdi Jomâa ». Des transgressions éligibles à des poursuites pénales d’après Mme Abbou.
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