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Yassine Brahim ouvrez le débat ! Le plan quinquennal ne concerne pas que les hauts fonctionnaires

Par Khaled Abdeljaoued


Lors de la polémique sur le choix de la banque Lazard et le projet de contrat fuité, je n’ai pas douté de la bonne foi du ministre Yassine Brahim.

 

Ses réponses furent claires pour moi et je conçois que pour « vendre la Tunisie » telle qu’elle est aujourd’hui, il faut faire appel aux grands « Slides Makers » capables de mettre en forme et « embellir la mariée » afin que les « prétendants », (i.e. les fonds d’investissements) la trouvent à leur gout.

Je ne vais pas rentrer dans le détail de pourquoi cette polémique maintenant et quels en seraient les raisons ou les objectifs occultes… Cela serait fastidieux et stérile pour mon propos.

Ce que j’ai retenu du passage télévisuel de Yassine Brahim et de l’interrogatoire musclé du journaliste-procureur Boubaker Ben Akacha, c’est qu’il y a plus de 250 commissions qui travaillent sur l’élaboration du plan quinquennal, qu’il y aura ensuite une consolidation au niveau de chaque département ministériel puis une version globale faites pas nos « valeureux hauts fonctionnaires» (que le ministre n’a pas arrêté de remercier) qui sera ensuite discutée en Conseil de ministres pour les arbitrages puis enfin présentée au parlement… Et ensuite « embellie » par Lazard ou autre pour une « Super Conférence sur l’Investissement » en mars 2016.

Alors voilà,

D’abord, je ne crois pas que cette date de mars 2016 soit réaliste à moins que le gouvernement souhaite faire un passage en force « technocratique » comme ça a l’air de s’engager.

En effet, pour que cela aille vite, il n’y aura d’autres choix que de raccourcir le « temps du débat ».

Cela veut dire, que ce plan va se faire entre « initiés » comme ce fut le cas dans le pays depuis des décennies.
D’ailleurs, on parle encore du plan « Ben Salah », du plan « Nouira », du plan « Moalla »… et puis des plans « Mohamed Ghannouchi & Co» qui furent élaborés avec l’aide de cabinets de conseil externes (E&Y, Deloitte, McKinsey, ou autres « primes » locaux pour des consultants internationaux) quoi qu’en disent les artisans aujourd’hui drapés de fausse souveraineté.

Ensuite, Yassine Brahim a parlé de transparence, cela veut dire avant tout « partager » l’information et puis ne rien cacher. Lors de son passage télévisuel, Yassine Brahim a dit maintes fois ne rien vouloir cacher.
Moi, je veux bien vous prendre au mot monsieur le ministre !

Et pour cela, je vous suggère quatre petites choses :

-Mettez en ligne tous les PVs de réunions de plus de 250 commissions. Laissez nous voir qui dit quoi, comment ça se présente et quelle est l’évolution. D’ailleurs, je vous suggèrerais fortement de revoir le site web de votre département ministériel pour le rendre plus attrayant et si possible rajouter en dessous de chaque PV ou axe la possibilité aux citoyennes et citoyens d’interagir (la fonction forum n’est pas très couteuse en développement…).

-Permettez-nous d’être au même niveau d’information que vos « hauts fonctionnaires » pour pouvoir discuter des choix. Publiez donc les anciens plans, les anciennes études (qui ont couté des millions d’euros aux contribuables) qui « dorment » dans les tiroirs ou les clés USB des ministères. Il y’en a eu quelques unes avant janvier 2011 et Dieu seul sait combien il y’en eu depuis ! Publiez aussi les statistiques et les KPIs que vous suivez que l’on comprenne.

A ce sujet, je vais me permettre une requête toute personnelle : si vous pouvez aussi convaincre vos collègues de publier l’intégralité des rapports d’audit des banques publiques qui nous ont couté quelques millions de dinars.

 

-Ouvrez le débat ! Le plan quinquennal ne concerne pas que les « hauts fonctionnaires » qui savent mieux que nous ce qui fera notre bonheur qui « écoutent » les membres élus ou choisis du quadrige au pouvoir et négocient avec les deux « puissantes » unions (UGTT et UTICA) financées par la Banque Mondiale et autres bailleurs pour favoriser la transparence.
Les citoyennes et citoyens ont tous leur mot à dire s’ils veulent bien le faire, on devrait même les encourager à le faire.

-Vous avez évoqué la non réponse de deux Banques (dont Rothschild je crois) parce qu’elles avaient du business avec la Banque Centrale… Vous avez parlé du PNUD qui finance l’Assemblée… Là aussi, une mise en ligne à un seul endroit de ces contrats d’« entorses au souverainisme » ne fera pas de mal qu’on voit tous combien nous sommes sous tutelle ! Voir la réalité en face est toujours salutaire.

Voilà mes quatre idées simples, elles ne vous couteraient pas beaucoup d’argent… Peut-être un peu de temps, mais qu’est-ce que la Tunisie gagnerait à « perdre 6 mois » dans des débats économiques autour de l’infrastructure, des pôles de compétitivité, du développement durable, du rôle de l’Etat, de l’inclusion de l’informel, du financement, des choix stratégiques en matière de Transport, d’Energie…

Ça nous changera du foot, des touchers rectaux, des bagarres de chiffonniers, du terrorisme physique et intellectuel rampant…
Pour finir, ce serait bien que messieurs les députés qui font enfler ces polémiques me soutiennent sur le fond, fassent en sorte que les commissions régionales soient publiques et commencent à voir plus loin que leurs bedaines.

Et puis, peut être que notre « plan quinquennal » se transformera en une « vision 15 ans » verte, solidaire et durable avec des possibilités de financement endogène également et qu’in fine, nous serons 10 millions à « vendre la Tunisie ».

 

Khaled Abdeljaoued est chef d’entreprise, expert en télécommunications et dirigeant au parti Massar démocratique

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