L’économiste et ancien gouverneur de la BCT, Mustapha Kamel Nabli, a indiqué le 1er décembre sur Shems Fm, que le terrorisme est financé à travers des vides juridiques qu’il faudra serrer au plus vite.
Il a précisé que le terrorisme se propage essentiellement par le financement, par l’idéologie et par une situation économique et sociale propice où règnent les inégalités et le désespoir. Mustapha Kamel Nabli a souligné que pour lutter efficacement contre le terrorisme, il faut s’attaquer à ses sources de financement. Il a estimé que les lois tunisiennes et surtout celle relative aux associations et datant de 2011 ouvrent une brèche énorme pour le financement du terrorisme.
L’économiste a affirmé que le fait de mettre des associations qui reçoivent légalement et légitimement des financements étrangers sous l’unique contrôle du premier ministère est une aberration, car celui-ci ne peut pas contrôler des milliers d’associations et définir avec exactitude la provenance et la destination des fonds qu’elles récoltent.
Il a estimé que souvent les choses sont aussi bloquées au niveau de la justice. « A chaque fois que nous avançons d’un pas, on se retrouve bloqués au niveau de la justice » a déclaré Mustapha Kamel Nabli, « et d’ailleurs je ne sais pas pourquoi ce blocage, avec les affaires du terrorisme, les dossiers des associations, est-ce un manque de moyens ? Est ce un problème de pression ? » a-t-il ajouté, précisant que la justice semble ne pas être à la hauteur de la situation et des défis auxquels doit faire face le pays.
Concernant la situation économique du pays, l’ancien gouverneur de la BCT a exprimé ses inquiétudes quant à l’avenir, soulignant que la Tunisie va connaitre une crise économique plus critique, vu que les investissements s’effondrent et que les exportations sont en train de régresser d’une manière considérable.
Il a expliqué que la balance commerciale a atteint un niveau record de handicap et que le pays court un grand danger, surtout qu’il devient de plus en plus difficile de bénéficier de financements étrangers, ce qui prédit une intensification de la pression sur les prix du change.
Mustapha Kamel Nabli a, par ailleurs, estimé qu’économiquement, le pays n’est pas en état d’alerte et de guerre comme il devrait l’être et que ni la discipline, ni le travail, ni la productivité, ni même le budget de l’Etat n’indiquent cela. Il a précisé qu’il émet des réserves sur un budget qui donne la priorité aux augmentations de salaires dans un pays qui est en guerre contre le terrorisme.
M.B.Z










