Après avoir donné son avis sur la justice tunisienne, égyptienne et syrienne, c’est sur la justice brésilienne que l’ancien président tunisien Moncef Marzouki s’exprime, toujours au nom des Droits de l’Homme. Quant à son avis sur les justices turques et qataries, on va devoir attendre un peu. Peut-être lorsque les poules auront des dents…
Condamné à 12 ans ferme dans une affaire de corruption, l’ancien président brésilien Luiz Inacio « Lula » da Silva est en prison depuis samedi où il s’est rendu en hélicoptère.
Sauf que ce verdict de la justice brésilienne déplait à Moncef Marzouki qui a trouvé plusieurs excuses pour son « ami ».
Ainsi, et d’après notre ancien président, Lula est en prison parce qu’il est originaire d’une famille pauvre et populaire. Marzouki estime que le verdict a été prononcé d’une manière accélérée (le procès dure pourtant depuis des années NDLR) et ce à la veille d’élection présidentielle dans laquelle il est pressenti vainqueur vu sa grande popularité.
Moncef Marzouki marque son étonnement que Lula soit un corrompu, « lui qui a fait sortir trente millions de Brésiliens de la pauvreté et dont les deux mandats ont permis au Brésil de réaliser une croissance et des libertés démocratiques extraordinaires »
La vérité est bien plus nuancée que celle présentée par l’ami Moncef Marzouki. L’incarcération de Lula n’a rien de singulier, elle entre dans le cadre d’une véritable guerre contre la corruption menée depuis des années et qui a mené à plus de 500 arrestations dans tout le pays. Ministres, gouverneurs, élite économique, la justice brésilienne n’a pas fait de distinction et veut vraiment en finir avec la corruption qui gangrène le pays depuis une longue date et où l’on étouffe tout pour pouvoir jouir de l’impunité. Parmi les personnalités arrêtées, ou en voie de l’être, on peut également citer, outre Lula, Eduardo Cunha, ex président de la Chambre des députés il y a deux ans, et l’ex présidente Dilma Rousseff dauphine de Lula et le président Michel Temer. Ils sont tous inquiétés dans des cas de corruption.
Marzouki dit que la justice a été expéditive dans le traitement du cas de Lula, or il est bon de signaler qu’il a été jugé par 4 organes judiciaires distincts et que la décision de justice est motivée en 238 pages ! Sa première condamnation n’est pas récente, mais elle remonte à juillet 2017 (à neuf ans de prison, alourdie en appel à douze ans). Durant tout le processus, Lula a toujours bénéficié et usé de son droit de se défendre, mais les preuves et les témoignages (de son propre camp et de ses propres ministres) ont été accablants.
Enfin, et concernant les élections qui auront lieu en octobre prochain, il est bon de signaler que 57% des Brésiliens rejettent la candidature de Lula.
R.B.H










