« Nous n’avons pas compris la décision présidentielle qui énonce la suspension du document de Carthage tant elle a été mal expliquée. La réunion a été brève et tendue et, il faut le dire, le résultat était prévisible car ce processus a été bâti sur des bases pourries » a déclaré, ce mardi 29 mai 2018, le dirigeant du Front populaire, Jilani Hammami.
Invité sur le plateau de Hamza Belloumi, sur Shems FM, Jilani Hammami a estimé que la décision du président de la République implique l’échec de l’Accord de Carthage et menace la stabilité du pays.
« Les deux partis au pouvoir sont d’accord sur tout sauf quand il s’agit du partage du gâteau et de la distribution des postes et aujourd’hui ils regrettent tous Habib Essid, victime d’un tel système. Ennahdha affiche son soutien à Youssef Chahed, car aux yeux de la communauté internationale il faut montrer une certaine stabilité mais dans les coulisses on négocie déjà le nom de son successeur » a-t-il poursuivi.
Le dirigeant du Front populaire a souligné, en outre, que les débats sur le sort du gouvernement sont du ressort de l’ARP et que dès le départ il fallait impliquer le parlement dans l’Accord de Carthage.
« Les réactions du chef de l’Etat son impulsives et il m’a été rapporté que Béji Caïd Essebsi a eu une réaction très peu cordiale envers Rached Ghannouchi lui expliquant en gros qu’il n’avait pas de leçons à recevoir de lui. Ennahdha avait exprimé une condition au départ de Youssef Chahed, celle de faire partie du nouveau gouvernement et d’approuver le prochain chef du gouvernement » a affirmé Jilani Hammami, ajoutant que de telles réactions embourbent le pays dans une crise politique qui a atteint son paroxysme.
« Il devient de plus en plus évident que ce système est dans l’impasse et il est grand temps d’appeler à des élections anticipées ! » a-t-il conclu.
M.B.Z










