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Naufrage de Kerkennah : la banalisation d’un drame

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    48 cadavres ont été repêchés ce dimanche 3 juin 2018 suite au naufrage de l’embarcation clandestine au large de l’île de Kerkennah à Sfax, et ce selon le dernier bilan du ministère de la Défense. 46 morts entre Tunisiens et étrangers qui ont perdu leur vie en quête d’une vie meilleure sous d’autres cieux, un destin macabre qui attend des jeunes marginalisés, qui ont perdu tout espoir et qui sont prêts à affronter la mort à la recherche d’un avenir qu’ils pensent prometteur.

     

    Face à cette tragédie, on s’attendait aux messages d’indignations et de condamnations des hommes politiques qui déferleront sur la toile. Cependant, très peu de réactions ont été enregistrées du côté des personnalités politiques. Il faut dire que c’est la fin du week-end, à cela s’ajoute les soirées ramadanesques assez prenantes.  

     

    Quelques-uns ont pourtant réagi à ce énième drame. Pour le député Machrouû Tounes à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Sahbi Ben Fredj, Kerkennah est une île en dehors de l’autorité de l’Etat, critiquant ainsi l’attention prêtée à l’affaire de l’allemande niqabée ayant débarqué à la Goulette au détriment des véritables problèmes du pays.

     

     

    Le secrétaire général du Courant démocratique, Ghazi Chaouachi est également revenu sur le drame en disant : « Nous sommes tous responsables devant Dieu et le monde entier de la noyade des centaines des Tunisiens en fuite de leur pays ».

     

     

    En outre, le membre démissionnaire de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Zouheir Makhlouf a tenu pour responsable de cette tragédie les détenteurs du pouvoir en Tunisie qui « ont ignoré les préoccupations et les soucis des citoyens ». Selon lui, cet incident nécessite une révision exhaustive de la part de toutes les composantes de la société ainsi qu’une réforme des institutions de l’Etat.

     

     

    Une position qui a été, par ailleurs, partagée par l’ancienne présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Wided Bouchamaoui qui a écrit : « Naufrage de Kerkennah ! Une nouvelle tragédie ! Nos jeunes sont désespérés, ignorés et surtout malheureux ! Et voilà que nos politiques sont sur une autre planète ! ».

     

     

    Le dirigeant au sein d’Ennahdha, Lotfi Zitoun a présenté ses condoléances aux familles des victimes, soulignant que ce fléau (l’immigration clandestine) était uniquement une tentative de fuir une réalité qui pourrait faire de ces jeunes des criminels et non pas dans l’objectif de mettre leur vie en péril.

     

     

    Ce drame a aussi suscité la réaction d’Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France en Tunisie qui a exprimé sa compassion via un statut publié sur sa page Facebook.

    « Nous sommes tous extrêmement bouleversés par le terrible drame qui vient de faire en cette nuit de samedi à dimanche des dizaines de victimes au large des îles Kerkennah », s’est exprimé l’ambassadeur.

     

     

    B.L

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