La plénière consacrée à l’examen du PLF 2019, ce dimanche 9 décembre 2018, au parlement, a connu plusieurs tensions entre les députés à cause de la polémique autour du Fonds de la Dignité.
Dans un point d’ordre, le chef du bloc de Machrouû Tounes, Hassouna Nasfi, a appelé à vérifier s’il n’y a pas un conflit d’intérêt avant de passer au vote, dans la mesure où plusieurs députés d’Ennahdha sont directement ou indirectement concernés par le Fonds de la Dignité, qu’ils soient bénéficiaires des dédommagements ou avocats de bénéficiaires.
Ce point a suscité la colère des députés Ennahdha. La députée Yamina Zoghlami a indiqué dans son intervention que les dédommagements sont, avant tout, une reconnaissance de l’Etat tunisien envers les victimes de la tyrannie et de la dictature, soulignant que les députés sont exclus du Fonds de la Dignité conformément aux dispositions de la convention-cadre publiée par l’IVD. « Les dédommagements et la réhabilitation sont la moindre des choses pour les victimes. Là on parle d’une caisse vide, et puis 10 MDT ce n’est rien contre les tortures, les viols et toutes les autres violations. Dans tous les cas, les dédommagements seront versés qu’on le veuille ou non ! », a-t-elle dit.
Pour sa part le ministre des Finances, Riadha Chalghoum a indiqué que l’Etat n’a prévu aucun montant pour le Fonds de la Dignité, soulignant que s’il y a un consensus autour de ce point, le gouvernement s’engage à ne verser aucun montant dans ce fonds.
Le président du bloc de la coalition nationale, Mustapha Ben Ahmed a dénoncé toute la polémique créée à cause du Fonds de la Dignité, notamment, toutes les tentatives de récupération politique dans ce contexte, annonçant que son bloc retire sa proposition de supprimer la contribution de l’Etat pour les trois prochaines années, et ce, au profit de la proposition gouvernementale, déjà exprimée par M. Chalghoum.
S.H










